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 setting fire to yesterday —scamander²

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MessageSujet: setting fire to yesterday —scamander²   Lun 9 Fév - 10:01




Yesterday was the tornado warning, today is like the morning after. Your world is torn in half, you wake and let's wait to start the morning process. Rebuilding and you're still a work in progress.


« Stupéfix ! » La baguette de la jeune fille s’envola à l’autre bout de la pièce. Un tonnerre d’applaudissement vint saluer le coup bien placé de son adversaire, qui avait par conséquent remporté le duel. Lysander descendit de la table sur laquelle il était perché en compagnie d’autres élèves. « Joli coup ! » Dit-il en claquant la main de l’auteur de ce dernier sort. Il n’était pas question de blesser, dans un duel. Un simple stupéfix était tout aussi appréciable qu’un sortilège plus violent, du moment qu’il mettait fin au duel. Lysander appréciait le genre d’adversaire qui n’utilisait pas forcément la violence (ou du moins que dans les cas les plus extrêmes). Intellectuel qu’il était, Lysander était de ceux qui privilégiaient la technique et la stratégie en duel. C’était l’aspect qui l’intéressait le plus là-dedans, et il y trouvait toujours à apprendre, dans les livres comme dans la pratique. Ce qui était intéressant dans un duel, c’est qu’il était possible de montrer sa supériorité par bien des aspects. Inutile de faire mal. Enfin, en théorie. En pratique, l’infirmerie était toujours bien remplie à l’issue des sessions du club de duel… Ce n’était pas faute de répéter que les sorts plus violents n’assuraient pas toujours la victoire. Par exemple, le combat précédent avait était soldé par un double KO -un petrificus totalus lancé en même temps. Ils auraient eu l’air malins si ça s’était passé dans un vrai duel de sorciers, avec personne autour…

Lysander se hissa à nouveau sur la table alors que deux nouveaux adversaires prenaient place. Il avait pris goût au club de duel. C’était presque son seul divertissement de la semaine, c’était devenu une vraie passion. Il avait vite fait de se réfugier là-dedans pour se libérer de toutes les pulsions destructrices que la trahison de son frère et de Darcy avait engendrées en lui.  Lysander serra les poings ; serra sa baguette au creux de sa main. Il fallait vraiment qu’il arrête de penser à ces deux-là. Il avait essayé de voir d’autres filles pour tourner la page –en vain. Il cherchait inconsciemment dans chaque nouvelle conquête un morceau de Darcy, et on ne pouvait pas dire  que c’était la bonne solution. C’était la mauvaise solution, mais aussi la seule. En effet, il supportait très mal la solitude à laquelle son célibat le contraignait. C’était probablement pour ça qu’il s’investissait tant dans ses études et dans le club de duel, qu’il présidait désormais. Parce qu’il voulait ne pas se retrouver seul, confronté à lui-même. Il ne voulait penser à quel point il se sentait abandonné, à quel point il lui manquait aussi bien sa moitié amoureuse que sa moitié jumelle…

Avant que les nouveaux adversaires commencent à lancer leur premier sort, quelqu’un interrompit le duel, en entrouvrant la porte. « Lysander, il y a quelqu’un à la porte… » C’était la personne qui faisait le guet devant la salle de classe qui servait à accueillir le club de duel qui avait pris la parole. N’étant pas un club officiel, il fallait que quelqu’un soit constamment devant la porte à éloigner les professeurs ou pions qui voudraient s’approcher d’un peu trop près. Après tout, la magie n’était pas vraiment autorisée en dehors des heures de cours. Lysander ne comprit pas le ton embarrassé qu’employait son interlocuteur.  « C’est un nouveau, il veut rentrer dans le club ? » Le garçon hocha la tête positivement. Lysander fronça les sourcils, un peu agacé. Ce n’était pas la première fois qu’on interrompait un duel pour accueillir un nouveau. Ce n’était quand même pas un professeur qui venait pour prendre sa place de président tout de même ? « Mais fais le rentrer, qu’est-ce que tu attends ?  » Il ouvrit la porte. Lysander dut cligner plusieurs fois des yeux pour réaliser pleinement qui se tenait face à lui. « Lorcan. » Quel culot. Le regard de Lysander s’assombrit, ses yeux se plissèrent. Il n’était quand même pas sérieux ? Lysander faisait des pieds et des mains pour éviter à toute heure de la journée la présence de son jumeau et lui il trouvait ça normal de se pointer comme ça ? Comme si de rien n’était ? Et qu’il ne lui fasse pas croire qu’il venait ici par hasard, qu’il ne savait pas que Lysander faisait partie du club de duel -qu’il le dirigeait même. C’était de la pure provocation, et Lysander n’appréciait pas du tout. La salle était devenue soudainement silencieuse, l’attention était passée des adversaires aux jumeaux, dont personne n’ignorait les conflits… même si pas tout le monde n’était au courant de la raison de leurs différends.

Lysander se leva à nouveau et s’approcha de celui qui était connu comme son « frère », de celui dont il ne partageait plus que le nom de famille désormais. Il laissa une certaine distance entre eux, de cinq ou six pas. Son visage ne laissait transparaître aucune émotion. Il ne s’encombra pas de la politesse de le saluer, verbalement ou même au moyen d’une poignée de main. « Ce n'est pas aujourd’hui que je te pardonnerais, si c’est la raison de ta visite. » Lui cracha-t-il au visage. La présence de Lorcan le rendait extrêmement irritable. La bonne humeur qui l’animait quelques minutes plus tôt avait disparu. La bonne ambiance de la salle aussi : tout le monde semblait suivre avec grand intérêt la confrontation des deux frères. « Mais si tu es venu t’initier au duel, je suis ton homme. Tu n’es pas sans savoir qu’il y a des codes à connaitre et à respecter ici, dont le premier est d’arriver à l’heure. » Le ton employé était sifflant, désagréable. Jamais Lysander n’avait été aussi dur, aussi implacable avec un nouveau. Mais ce n’était pas n’importe quel nouveau. Et il avait ses raisons de ne pas être tendre avec lui. Le regard de Lysander se durcit alors qu’il toisait Lorcan, guettant la moindre réaction sur son visage.

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MessageSujet: Re: setting fire to yesterday —scamander²   Mar 10 Fév - 10:59

Lorcan ne peut s’empêcher de lancer des regards frénétiques en direction de sa montre, alors qu’il regagne les vestiaires, son balai jeté sur son épaule et sa robe de Quidditch lui fouettant les mollets à chaque pas. Il fait la moue en constatant qu’il doit se trouver de l’autre côté du parc, dans l’enceinte même du château, d’ici quelques minutes. Tout cela alors qu’il est impossible de transplaner sur la propriété de l’université, un peu comme Poudlard, chose qui l’avait fasciné lorsqu’il y était. Cela ne le dérangerait pas forcément en temps normal, car il s’avère avoir décroché son permis de transplanage de justesse – quand bien même il avait révisé des heures durant, mais le stress lui avait alors fait perdre bon nombre de ses moyens, allez savoir pourquoi – et ne pas être véritablement à l’aise à l’idée d’effectuer ce genre de passe-passe magique. Mais voilà, pour une fois, cela lui serait bien utile ; sauf qu’il n’est pas en droit de le faire. Et ses vêtements couverts de boue, ne lui facilitent pas non plus la tâche. Ainsi est-ce rapidement qu’il se dévêt, à peine entré dans les vestiaires, pour gagner les douches du plus vite qu’il le peut, se glissant avec un soupir de soulagement sous l’eau chaude. Rien de tel que de se sentir propre après un entrainement de Quidditch sous la pluie. Il ne peut pas pleinement en profiter cependant, car il sait qu’il doit regagner le château. Ainsi s’empresse-t-il d’enfiler ses vêtements, qui ont tôt fait de s’humidifier en raison de sa peau mal séchée. Mais peu importe, la trotteuse le presse. Elle a déjà dépassé l’heure fatidique de cinq bons tours. Il déglutit, s’empresse de regagner l’extérieur, son objectif toujours bien fixé en tête. Ses pieds martèlent le sol, ses bottes de cuir – un modèle ressemblant étrangement à celles de son arrières grand-père, Newt Scamander, sur l’une des photos trônant au-dessus de la cheminée familiale – se couvrant bien vite de boue et d’herbe humide, alors que la pluie vient s’échouer sur ses épaules et se faufiler entre ses mèches de cheveux. Peu importe, à peine a-t-il pénétré dans l’enceinte du château, il dégaine sa baguette magique, se séchant d’un simple sortilège. Passant une main entre ses mèches rebelles, il parvient à porter ses cheveux vers l’arrière ; ceux-ci, pas rebelles du tout, tenant alors en place sans faire d’histoire. Il se met alors à courir, manquant de bousculer quelques élèves, se retournant sur son passage avec un air contrarié, alors qu’il s’empresse de retrouver sa chambre pour y déposer son balai et ses affaires. « Je vais au club de duel. Souhaite-moi bonne chance. » lance-t-il à Tobias tout en tentant de ranger son sac dans son placard. Affaire délicate étant donné le désordre qui y règne. Cependant, un coup de baguette fait très bien l’affaire et l’aide sans problème. Alors qu’il se retourne, il découvre le regard curieux de son colocataire. « Oui, Lysander. Je t’expliquerai. » Ou comment répondre rapidement à une question silencieuse avant de s’éclipser en direction du couloir.

C’est à toute vitesse qu’il parcourt alors le château, passant devant de nombreuses portes avant de trouver celle qui l’intéresse réellement. On l’a prévenu que ce serait là que se tiendrait la réunion du club de duel. Club que son frère présidait. Et si sa montre lui indique qu’il doit bien avoir vingt minutes de retard, c’est tout de même de façon résolue que Lorcan abat son poing sur le battant de bois. Un simple coup, pas les trois qu’il a l’habitude de faire. Non, ces trois coups sont réservés à Darcy. Il secoue la tête, tâchant de s’ôter la jeune femme de la tête. Il n’est pas venu pour cela, il est venu pour tenter de voir son frère, s’assurer que celui-ci se porte bien et, éventuellement, tenter de reprendre contact avec lui. Retrouver leur complicité passée, est l’un de ses plus grands rêves. Pourtant, il ne semble pas qu’il s’agit d’un sentiment partagé par son jumeau. « Lorcan. » Sa voix est aussi glaciale que son regard. Un frisson parcourt l’échine du Scamander alors qu’il soutient le regard de Lysander. « Ce n'est pas aujourd’hui que je te pardonnerais, si c’est la raison de ta visite. » lui crache-t-il à la figure. Toutes les conversations alentours ce sont alors arrêtées, les regards s’étant tourné vers eux. Tout le monde semble suivre avec intention leur échange. Et si Lorcan aurait préféré être plus pudique sur des propos du genre, son frère ne semble pas s’en soucier. C’est presque devenu une habitue à présent, de le voir se comporter ainsi. Cela ne serait jamais arrivé avant la soirée de troisième année et le faux pas du brun. Son cœur se sert à cette pensée. « Mais si tu es venu t’initier au duel, je suis ton homme. Tu n’es pas sans savoir qu’il y a des codes à connaitre et à respecter ici, dont le premier est d’arriver à l’heure. » Non, décidément, Lorcan ne s’y fait pas. Ce ton mauvais ne correspond pas à Lysander. Cela ne peut pas être son frère qui s’adresse à lui ainsi. Mais il est forcé de le constater, puisqu’il le voit bien proférer ces mots. En temps normal, il l’aurait taquiné, tenté de se justifier. Mais le Scamander n’est pas bête, il sait que cette fois, la complicité leur manque et qu’il n’est pas temps de jouer sur ce côté-là. « Pardonne-moi du retard, cela ne se reproduira plus. Mais rassure-toi, je viens pour l’estrade. » finit-il par répondre, avant de désigner les tables tenant lieu d’estrade, d’un simple signe de tête. « Quelqu’un veut peut-être passer avant ? » préfère-t-il commencer par demander à la foule d’étudiants présents, se tournant vers eux pour observer leurs réactions. Mais aucun d’eux ne semble être disposé à broncher. « Alors je suis ton homme. » ajoute-t-il finalement, se tournant vers son frère pour bien lui faire comprendre que c’est à lui qu’il s’adresse. Il s’approche alors de l’estrade et forcément, de Lysander, lui barrant la route. « Si tu gagnes, je disparais. Mais si je gagne, je veux que tu m’accordes cinq minutes. » lui souffle-t-il alors que leurs épaules se heurtent. Après quoi il se dégage et, sans un regard en arrière, prend place sur le dispositif surélevé.

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MessageSujet: Re: setting fire to yesterday —scamander²   Ven 13 Fév - 2:11


Lysander était froid. Excessif. Limite odieux avec son frère. On aurait dit qu’il s’adressait à un ennemi de longue date -c’était assez dérangeant. Lysander avait beau essayer de paraitre le plus impassible possible, faire en sorte que son comportement ignoble ne le fasse pas culpabiliser… au fond il avait un vrai pincement au cœur. Il était difficile de regarder Lorcan dans les yeux sans que tout ce qu’ils avaient partagé par le passé ne lui revienne en mémoire. Des regrets ? Il en avait, énormément. Pas pour avoir sortis Lorcan et Darcy de sa vie, mais pour la place importante qu’il avait permis à Lorcan de tenir dans son couple. Au fond, tout cela était peut-être rien d’autre que sa faute… Il avait été trop aveugle, trop con pour ne pas remarquer cette alchimie entre eux, qui était d’ailleurs en train de prendre de l’ampleur depuis quelques mois. Mais est-ce qu’il avait besoin d’être aussi exécrable avec son jumeau ? Probablement pas. Il n’avait pas encore décidé qu’il lui pardonnerait. Il n’était pas sûr de pouvoir le faire un jour. Il n’avait toujours autant de mal à croire ce qu’il avait vu, il y a six mois de cela. Est-ce que c’était arrivé ? Est-ce qu’il ne l’avait pas rêvé ? Est-ce que ce n’était pas lui avait toujours imaginé depuis le début ? Lorcan soutient son regard. Celui de Lysander est féroce, presque agressif. Peut-être avait-il vraiment besoin de ce duel avec Lorcan, finalement. Il avait besoin de se libérer de tout ce poids avait sur le cœur.

« Pardonne-moi du retard, cela ne se reproduira plus. Mais rassure-toi, je viens pour l’estrade. » Soit. Qu’ils soient au moins clairs là-dessus. Lysander restait quand même dubitatif. Il était persuadé que Lorcan n’avait jamais été intéressé par le duel. Pourquoi ne venir que maintenant, à présent que Lysander était président du club ? C’était loin d’être innocent, Lysander n’avait aucun doute là-dessus. «Quelqu’un veut peut-être passer avant ? » Lorcan eut au moins la politesse de demander, à défaut d’être ponctuel. Lysander passa en revue chaque visage, mais personne ne semblait vouloir passer avant eux. Même les deux adversaires à qui c’était en théorie le tour avaient rejoint les autres sorciers, libérant ainsi l’estrade. «Alors je suis ton homme. » Conclut Lorcan. En rejoignant l’espace qui leur est alors dégagé, leurs épaules s’entrechoquent, et il lui glissa discrètement : «Si tu gagnes, je disparais. Mais si je gagne, je veux que tu m’accordes cinq minutes. » Ce à quoi Lysander répliqua : « Je ne compterais pas sur ça si j’étais toi. » Lui laissant le loisir d’interprètera cette phrase comme bon lui semblait. Lysander avait eu raison. Lorcan était venu dans l’espoir de lui parler, sans se faire rembarrer. Quel culot. Lorcan avait toujours été comme ça. Audacieux, courageux. Têtu. Lysander l’était, certes, mais dans un autre genre, moins tenace. Il s’était toujours dit que le Choixpeau magique s’était trompé de tête lorsqu’ils les avaient répartis dans leurs maisons respectives.

Lorcan grimpa sur une des tables, à l’une des extrémités de l’estrade. Ça allait donc être ça. Ils allaient s’affronter pour la première fois. Lysander ne l’avouerait pour rien au monde, mais il appréhendait. Il avait la gorge nouée. Si un an auparavant on lui avait révélé la manière dont il toiserait son frère, il n’y aurait surement pas cru ; si on lui avait dit qu’il regarderait son frère comme un ennemi juré, il aurait ri au nez. Il n’aurait jamais cru qu’il puisse un jour y avoir une telle distance entre eux.

Si en apparence ce n’était qu’une initiation au duel (ça l’était en théorie) pour Lysander les enjeux étaient plus grands. Ce duel de sorcier pourrait très bien prendre la tournure d’un règlement de comptes. La rancœur qu’il avait pour son jumeau pourrait ressortir et faire des ravages s’il n’y prenait pas garde. Lysander, d’un naturel discret n’aimait pas se donner en spectacle. Mais il fallait dire qu’il percevait la venue de Lorcan, ici, dans son territoire comme une vraie provocation. Lui qui prenait depuis des mois grand soin à l’éviter dans les couloirs de Spinks, qui ne se rendait jamais sur le terrain de Quidditch pour être sûr de ne pas l’y croiser… C’était un beau bras d’honneur que son frère venait de lui faire. Lysander fronça le nez en voyant son frère se positionner. Le ventre quelque peu noué, le cœur battant, il s’avança et se plaça… juste à côté de lui. Il y avait des règles, et visiblement Lorcan n’avait pas pris la peine de se renseigner avant de venir. Lysander commença à débiter des phrases, comme un automate: « On ne se positionne pas comme ça. Cette jambe derrière, celle la légèrement en avant. Ta baguette doit être tendue en avant, si tu es droitier c’est la jambe gauche qui est en avant et inversement. C’est pour avoir un meilleur appui. Tu empoignes avec fermeté sa baguette. Pas aussi négligemment. » Et du bout de sa baguette, pour illustrer ses propos, Lysander indiquait successivement ses jambes et son bras droit. Une fois ce petit manège terminé, Lysander alla retrouver sa place d’adversaire, à une dizaine de mètres de son jumeau. Il recommença à le regarder d’un air glacial. Au fond de lui Lysander s’en voulait, un peu. Il n’avait jamais pensé que leur relation pourrait se dégrader à ce point. Qu’il s’adresserait à lui d’un air aussi désintéressé.

« C’est un vrai duel, Scamander, pas un jeu. Tu as sûrement déjà vu des duels de sorcier auparavant. Tu dois savoir comment ça se passe. Et je n’ai pas prévu d’être particulièrement clément. » Il imita en miroir la position de Lorcan, conformément à ce qu’il venait de lui expliquer. Scamander, il l’avait appelé. Par son nom de famille. Comme il appelait il appellerait un inconnu. « Jones, tu donnes le départ. » Le jeune homme se leva et, un peu hésitant, énonça d’une voix claire : « Levez vos baguettes. A trois. Un…. Deux… Trois ! » Lysander ne se fit pas prier et c’est presque du tac au tac qu’il énonça d’une voix claire, le regard sévère : « Tarentallegra. » Et ce tout en effectuant une spirale du bout de sa baguette, alliant le geste à la parole. Extrêmement concentré, Lysander porta toute son attention sur sa baguette, sur son adversaire ainsi que sur l’exécution du sort souhaité. Il était impossible pour lui qu’il se rate. Il était président du club de duel. Il était presque sûr que Lorcan n’avait jamais fait de duel dans sa vie (ou du moins, Lysander n’en n’avait pas connaissance). Hors de question pour lui qu’il le laisse gagner. Pas qu’il tienne d’ordinaire particulièrement à sa fierté… Certes il apprécierait moyen de se faire ridiculiser par un nouveau devant les fidèles membres du club de duel avec qui il s’entrainait plusieurs fois par semaine. Crédibilité du président ? Z é r o. Mais c’est-à-dire qu’en plus de cela, étant donné où en étaient les choses entre eux… il n’avait pas envie de voir Lorcan gagner quelque chose de plus que le cœur de celle qu’il avait aimé pendant six ans –et aimait encore.

Le sort atteint avec succès son adversaire, faisant s’agiter les jambes de Lorcan de manière incontrôlables. Lysander, un sourire satisfait accroché aux lèvres, se permit un moment de répit en croisant les bras alors que d’autres membres du club pouffaient de rire. Ce n’était pas un sortilège courant en duel de sorcier. En général, on l’utilisait pour ridiculiser l’adversaire. Ceci annonçait la couleur du duel. Mais Lysander devait faire attention à ne pas trop sous-estimer son adversaire, même si le duel était probablement moins familier à Lorcan que le Quidditch. Après tout, ils avaient quand même grandi ensemble, partagé tout, pendant des années. Et on dit que nos meilleurs amis sont peuvent être les pires, car ils connaissent toutes nos faiblesses…


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MessageSujet: Re: setting fire to yesterday —scamander²   Sam 14 Fév - 7:51

C’est quelque peu anxieux que Lorcan s’approche de son frère, son épaule entrechoquant la sienne plutôt violemment. Mais c’est pourtant avec une voix – presque – douce qu’il s’adresse à Lysander, quand bien même c’est d’un ordre qu’il le presse. Aussitôt, il sent l’ancien gryffondor se renfrogner contre lui, se raidissant, comme pour s’écarter le plus vite possible. Le dégoût est aisément perceptible dans son attitude. « Je ne compterais pas sur ça si j’étais toi. » lui crache-t-il presque en retour. Lorcan se questionne aussitôt sur le véritable sens des paroles de son frère. Ne doit-il pas compter sur le fait de gagner ? Ou sur le fait que Lysander lui accorde cinq minutes dans le cas contraire ? Le jeune Scamander ne s’en formalise pas, cela doit sans doute être la première signification. Car si son frère l’accompagne sur l’estrade, c’est qu’il accepte l’ensemble des clauses de leur duel. Quand bien même il s’avère être pris au piège. Difficile pour lui de refuser un combat contre un nouvel arrivant, inexpérimenté de surcroit, et dont tout le monde semble connaître la barrière qui les sépare. Aussi est-ce sans réel crainte que Lorcan enjambe la table pour se positionner sur l’estrade, la peur lui nouant à peine les tripes. S’il se frotte tous les jours à la vivacité des cognards, ce n’est pas un petit duel sorcier qui risque de lui causer du tord. La seule chose qu’il risque, c’est de perdre. Chose fortement probable étant donné qu’il ne connait rien à ce genre de choses. Mais qui ne tente rien n’a rien. « On ne se positionne pas comme ça. Cette jambe derrière, celle la légèrement en avant. Ta baguette doit être tendue en avant, si tu es droitier c’est la jambe gauche qui est en avant et inversement. C’est pour avoir un meilleur appui. Tu empoignes avec fermeté sa baguette. Pas aussi négligemment. » intervient rapidement Lysander, préférant visiblement assurer au mieux son rôle de président du club de duel plutôt que de prendre trop en considération, les enjeux de celui-ci. Et c’est en serrant légèrement la mâchoire que Lorcan se rend compte que son frère considère déjà avoir gagné. Avant même que le moindre sort n’ait été échangé. Sans quoi il ne prendrait pas la peine de se placer ainsi à côté de lui pour lui montrer comment se positionner. Vexé, Lorcan ne dit pourtant rien, sachant pertinemment qu’il est grand temps de laisser sa fierté de côté, se contentant de se placer comme lui indique son frère. Il ne s’autorise plus à bouger lorsque l’aîné des deux frères se décide à gagner l’autre bout de l’estrade, conscient qu’il n’arrivera pas à adopter de nouveau la même position. De toute façon, il ne la gardera pas au cours du duel, cela lui paraît évident. « C’est un vrai duel, Scamander, pas un jeu. Tu as sûrement déjà vu des duels de sorcier auparavant. Tu dois savoir comment ça se passe. Et je n’ai pas prévu d’être particulièrement clément. » Scamander. Cette appellation ébranle l’ensemble de l’être de Lorcan, mais tout ce qui en résulte, est un sourire narquois. Il se comporte avec lui comme avec un inconnu. Le brun est tenté de lâcher un rire nerveux, mais il ne laisse place qu’à ce sourire dans lequel il tente de contenir l’ensemble de sa gêne. Chose peu aisée mais qu’importe. « Que le meilleur gagne, dans ce cas. » pouffe-t-il alors. Ses premières paroles depuis bon nombre de minutes. Il a l’impression de ne pas avoir bougé les lèvres depuis une éternité. Mais bizarrement, parler ne le soulage pas. Il sait que son ironie et son sens de l’humour, ne le sauveront pas. Pas cette fois. Et que son frère prendra sûrement ses paroles comme une nouvelle provocation, accessoirement.

« Jones, tu donnes le départ. » lance Lysander en direction d’un jeune homme que Lorcan n’a jamais vu auparavant. Mais il ne s’en étonne pas, il ne fait pas attention à grand monde de toute façon. Le prénommé Jones semble quelque peu gêné d’avoir à s’incomber de cette tâche et c’est en rougissant légèrement qu’il finit par se lever, un air penaud peint sur le visage. « Levez vos baguettes. A trois. Un…. Deux… Trois ! » L’aîné des deux Scamender ne se fait pas prier pour démarrer au quart de tour. Lorcan a à peine le temps de détacher son regard de Jones que déjà… « Tarentallegra. » Vif, son aîné n’a pas attendu pour lancer son sortilège. Le brun sent aussitôt ses jambes se mettre à se tortiller sous lui. Des sottises qui font exploser de rire l’ensemble de la salle. Même Lysander se permet d’afficher un sourire fier, narquois. Belle vengeance, en effet. Tu parles d’un duel, ne peut s’empêcher de penser Lorcan alors qu’il adresse un regard noir en direction de toutes les personnes sur lesquelles ses prunelles se posent. Même cet abruti de Jones, si timide auparavant, semble rire aux éclats. Enfoiré. « Finite incantatem. » grommelle Lorcan, alors que ses jambes cessent instantanément de se trémousser. Cette fois, il n’attend pas pour se lancer, le sort fusant de sa baguette à toute vitesse. « Incarcerem ! » Ce sort est sans doute celui qu’il utilise le plus lorsqu’il lui faut entrer sur un terrain de Quidditch. De puissants liens faits de cordes épaisses viennent s’enrouler autour de Lysander, comme elles le feraient pour venir fermer une malle de quidditch à la fermeture défectueuse, dont les cognards tentent vivement de s’échapper. Et ces balles enragées sont une grande partie de la vie de Lorcan, depuis qu’il a fait une croix sur le cursus de créatures magiques. A présent plus à l’aise avec une batte au poing qu’avec sa baguette à la main, le jeune homme a simplement utilisé le premier sort lui venant à l’esprit. Tout simplement le dernier qu’il a utilisé avant de sortir du terrain de Quidditch, à vrai dire. Rien de bien glorieux, mais cela semble déjà largement suffisant pour immobiliser son frère, ses bras étant serrés jusqu’à ses cuisses, bien contre lui. Pourtant, Lorcan a conscience qu’il n’a pas mis beaucoup de conviction dans la prononciation de son sortilège. Il a peur de blesser son frère, de lui nuire physiquement. Et il a ainsi parfaitement conscience que son aîné est en mesure de se détacher au terme de quelques coups d’épaules. Peu importe. Lorcan ne cherche pas vraiment à le battre, pas comme ça, pas avec des cordes. Cela ne s’apparente même pas à un duel, juste des conneries de gamins de treize ans. Et ce alors qu’ils ont près de dix ans de plus. « Bon, on continue à se tourner en ridicule comme ça longtemps ou on fait un vrai duel ? » lance Lorcan à l’intention de son frère, sa voix se faisant sévère. Lysander a pourtant toujours été le plus sérieux des deux, et aujourd’hui, c’est lui qui tourne la situation en plaisanterie, se moquant ouvertement de lui devant tout le monde. Comme si ce duel ne servait qu’à ça. Sottises. Les jointures de Lorcan blanchissent alors qu’il sert un peu plus fort son poing autour de sa baguette, ses phalanges se pressant fortement contre le morceau de bois. « Tu sais pourtant que je ne suis pas venu pour m’amuser. » ajoute-t-il, baissant un peu la voix, pour que seul Lysander puisse l’entendre. Contrairement à son aîné, qui semble avoir mis toute la salle au courant, étant donné le silence de mort qui a commencé à régner à son arrivée ; Lorcan ne souhaite pas se donner en spectacle. Il aurait aimé que son frère le dissuade de faire un duel et lui intime de régler leurs histoires par la parole. Il lui a laissé le choix. Après tout, c’est son aîné qui a mentionné le premier le duel, le brun ne faisait que se présenter à son frère, celui-ci devant sans doute deviner ce qui l’amenait. Mais Lysander ne semble pas être disposé à recourir à sa sagesse d’antan. Celle-ci semble même avoir disparue. « Il est encore temps de régler cela par la parole. Tu sais que nous n’avons pas besoin de nous donner en spectacle. Nous sommes frères. » Et c’est justement pour ça qu’il sait que Darcy les maudirait tous les deux si elle les voyait à l’instant présent. Plus stupide l’un que l’autre. Pire, elle en serait attristée. En aurait le cœur brisé. Et Lorcan ne peut s’empêcher de se sentir coupable pour cela, son estomac se contractant à cette simple pensée.

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Dernière édition par Lorcan Scamander le Mer 18 Fév - 4:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: setting fire to yesterday —scamander²   Sam 14 Fév - 14:24


A partir du moment où Lysander et Lorcan se positionnèrent sur l’estrade, des membres du club avaient petit à petit discrètement commencé à partir. Albus Potter, leur ami d’enfance et membre fidèle du club de duel, était parmi les premiers à sortir de la salle. En effet, la tension était à son comble… et si beaucoup de curieux demeuraient encore ici, ils étaient plutôt mal à l’aise face à cette histoire qui ne les concernait pas vraiment, au final. Ils avaient compris aussi que le duel allait probablement s’éterniser, et qu’il marquait certainement la fin de la session du jour. La venue de Lorcan avait été certes surprenante. Elle avait plu à de nombreux curieux. Mais était-elle vraiment désirable compte tenu de son influence sur le déroulement du club ? Cela dit, on ne pouvait pas nier que c’était Lysander qui exagérerait, et qui rendait la présence de Lorcan si « inappropriée », même si personne ne semblait décidé à le lui faire remarquer ; On allait finir par croire qu’il voulait absolument laver son linge sale en public, alors que pour lui, il ne faisait que répondre à la provocation de Lorcan. Il ne se rendait pas compte du climat glacial qu’il avait lancé sur l’ensemble de la salle.

Le sortilège que Lysander avait lancé sur son frère avait quelque peu détendu l’atmosphère cela dit. En revanche, on ne pouvait pas en dire autant de la réaction de l’ancien Serdaigle, qui ne trouvait pas vraiment le sort de Lysander à son goût. A peine ordonna-t-il au sort précédent de s’arrêter qu’il en lança un autre : «Incarcerem ! » Lysander, qui, satisfait, avait croisé les bras le temps que les jambes de son jumeau dansaient ne vit pas le coup venir. Surpris par le contre sort il n’eut ainsi pas le temps de formuler le sortilège de protection. Ainsi en l’espace de quelques secondes il était ligoté, les bras fermement plaqués contre son corps. Lysander tenta de ne pas paraitre trop perturbé par ce retournement de situation. « Pas mal. » Avoua-t-il, tentant de garder sa posture de maître imperturbable. Lorcan, probablement remis en confiance par son sort réussi, clama d’un air sévère : «Bon, on continue à se tourner en ridicule comme ça longtemps ou on fait un vrai duel ? » Cela eut pour effet de calmer les derniers rires de la salle. Lysander ne chercha pas à se débattre dans un premier temps, mais plutôt à garder son sourire moqueur et son air digne. Lui-même avait du mal à se reconnaitre face à cette attitude qui n’avait jamais été sienne. Surtout face à Lorcan. Depuis quand prenait-il son frère autant de haut ? Depuis quand sa fierté importait-elle autant ? Qu’importe. Il ne voulait pas perdre, pas face à lui. Pas maintenant que les choses étaient si différentes entre eux. Lysander ne répondit pas à sa question. Il se contenta de garder cet air supérieur, cet air de quelqu’un qui se foutait de tout. Cet air qui ne lui était décidément pas propre. Lorcan baissa la voix pour n’être entendu plus que par eux deux : «Tu sais pourtant que je ne suis pas venu pour m’amuser. » Evidemment, qu’il le savait. Mais il était venu pour quoi alors ? Lysander avait pensé avoir la réponse, tout à l’heure : pour le provoquer, pour l’humilier dans son propre club de duel. Etait-ce vraiment ça ? Plus le temps passait, plus il commençait à en douter. Car en ce moment même, il n’y avait pas l’ombre d’un sourire sur ses lèvres… Lorcan n’avait clairement pas l’air de quelqu’un venu montrer aux yeux du monde qu’il valait mieux que son jumeau. Non. Lysander avait cru qu’il jouait la comédie, mais à bien y réfléchir, Lorcan avait semblé vraiment sincère tout l’heure quand il avait cherché à gagner quelques minutes pour discuter… Quelques minutes où ils tenteraient d’avoir une vraie conversation, sans se regarder en chien de faïence –ou du moins sans que Lysander ne le regarde comme s’il était l’incarnation du diable. Et puis il fallait dire que la réaction de Lorcan suite à son sortilège l’avait quelque peu surpris. Connaissant Lorcan, il s’était étonné qu’il ne réplique pas au moyen d’un sortilège encore plus ridicule tel que « crache-limace »… lui qui avait toujours été plus plaisantin et plus ‘je m’en foutiste’ que Lysander. Lorcan faisait ici preuve d’une plus grande maturité que Lysander et ça le perturbait. Il commençait à croire que Lorcan méritait peut-être ses cinq minutes de parole. Lysander ouvrit la bouche pour parler, sur le point de convenir que leur duel continuerait « à la loyale ». Mais Lorcan, plus rapide, rajouta (il aurait dû s’en abstenir) : «Il est encore temps de régler cela par la parole. Tu sais que nous n’avons pas besoin de nous donner en spectacle. Nous sommes frères. » Ces derniers mots ôtèrent à Lysander toute envie de se moquer davantage de son frère. Et même toute envie de convenir quoique ce soit. Son visage redevint sérieux, mais tout de même crispé. Il fusilla son jumeau du regard. Ça avait été les mots de trop. S’il n’était pas toujours ligoté, il l’aurait probablement corrigé à la moldue d’un coup de poing sauvage, instinctif. Ce n’était pas le bon moment pour évoquer les liens du sang.

Lysander prit enfin la parole, lentement d’abord, d’un air presque condescendant : « Tu veux parler ? » Le regard de Lysander se durcit. « Bien. Parle, je t’écoute. On est tous là, nous t’écoutons tous. » Lysander commença tout doucement à bouger des bras pour se défaire de ses liens.  Lorcan ne voulait pas se « donner en spectacle ». Lysander n’était pas sourd, n’est-ce pas ? C’était bien ça qu’il avait dit, hein ? Mais quel culot. Quel beau parleur. Quel enfoiré. « C’est drôle vois-tu, je ne pensais pas que tu serais aussi pudique. » Un sourire qui sonnait faux revint aux lèvres de l’ancien Gryffondor, qui semblait surtout blasé à présent –et l’était. « Surtout que, si tu souhaites parler, c’est bien parce que tu n’as pas pu t’empêcher de ‘te donner en spectacle’, tu te souviens ? Tu as embrassé ma petite amie comme si de rien n’était devant une centaine de personnes, tu as déjà oublié ? Et maintenant, tu veux être seul pour t’excuser ou que sais-je ? Mais quel hypocrite ! » Il lui hurla presque les derniers mots à la gueule, le cœur plein de rage, alors que la dernière corde qui le retenait tombait au sol. Le ton employé par Lysander était accusateur, méprisant –vexant. La porte était désormais grande ouverte et les élèves se précipitaient presque vers la sortie. Lysander avait rejeté ici toute la colère qu’il avait contenue contre son jumeau. C’était comme s’il avait gardé en lui ces mots pendant des années, les avait laissé bouillir en lui et n’avait attendu que maintenant pour les lui exploser au visage, comme un volcan en éruption. La situation avait dégénérée, Lysander n’avait pas pu se retenir. Il n’avait pas prévu de parler à voix haute devant tout le monde de quelque chose d’aussi intime. En temps ordinaire, c’était lui le discret. C’était lui qui était censé être le plus sage, le plus raisonnable des deux. Il était censé apaiser les tensions. Mais de là à ce qu’il passe pour le pauvre con de service ? Il en avait marre. Plus que marre que Lorcan soit toujours celui qui avait le beau rôle. Il était peut-être temps que d’autres sachent que le joueur de Quidditch était loin d’être le plus honnête des deux.

« Et je ne vois pas pourquoi nous devrions nous appeler ‘frères’ encore. Ce n’est pas comme si on se comportait encore comme tel. » La porte claqua une fois encore pour ne plus se rouvrir. La salle de duel était désormais vide, à l’exception des jumeaux. La crise de colère du président du club en avait visiblement intimidé plus d’un. Ou alors ils avaient compris que cela ne les concernait pas et avaient tous convenus silencieusement qu’il était temps de se faire la malle.

Lysander, enfin libéré de ses cordes se remit en position de duel. Pour lui, il n’était pas terminé. Non, il venait tout juste de commencer. Dans le sens propre comme figuré.

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MessageSujet: Re: setting fire to yesterday —scamander²   Lun 23 Fév - 23:10

Lorcan ne peut s’empêcher de se sentir honteux du comportement de son frère, face à tant de monde. Il ne l’a jamais vu se comporter ainsi, et ce n’est définitivement pas la vision de Lysander qu’il souhaite garder en mémoire. « Tu veux parler ? » Ses yeux lancent des éclairs. Un frisson parcourt l’échine de Lorcan. « Bien. Parle, je t’écoute. On est tous là, nous t’écoutons tous. » Le plus jeune des Scamender regarde un instant les quelques personnes encore présentes. Qu’attendent-ils, tous ? Se délectent-ils vraiment de ce qu’ils voient là ? A leur place, le brun aurait honte d’ainsi regarder le responsable de leur club se donner en spectacle. Ils ne gagnent rien à rester en cet instant. Secouant la tête, Lorcan pose de nouveau ses prunelles sur son frère, remarquant que celui-ci tente de se défaire de ses liens. Il n’en a que faire. « C’est drôle vois-tu, je ne pensais pas que tu serais aussi pudique. » Un sourire narquois prend place sur le visage de Lysander. « Surtout que, si tu souhaites parler, c’est bien parce que tu n’as pas pu t’empêcher de ‘te donner en spectacle’, tu te souviens ? Tu as embrassé ma petite amie comme si de rien n’était devant une centaine de personnes, tu as déjà oublié ? Et maintenant, tu veux être seul pour t’excuser ou que sais-je ? Mais quel hypocrite ! » Lorcan soupire, passe une main sur son visage. Bien sûr que son frère n’est pas prêt à le pardonner de si tôt, bien sûr qu’il a toujours envie de lui arracher la tête et qu’il broie du noir depuis la soirée de fin de troisième année. Mais le Lysander qu’il connait ne se serait jamais donné en spectacle devant tout le monde. Le Lysander qu’il connaissait, était le vrai serdaigle d’eux deux, le plus posé et réfléchi. Ce Lysander est bien loin à présent ; il ne reste plus que sa carcasse, malheureusement habitée par un imbécile. Son visage est déformé par la rage, ses traits sont crispés. Il donne vraiment une pâle image de lui-même. Lorcan ne compte même plus le nombre de fois que son frère lui a chantonné qu’il ne voulait plus que de vrais amis, des personnes sur lesquelles il pouvait réellement compter. Mais qui voudrait encore de lui, alors qu’il n’est plus que quelqu’un de détestable, crachant sa haine à tout va ? Lorcan crispe la mâchoire, sert les dents alors qu’il s’autorise enfin à soutenir le regard de Lysander. « Et je ne vois pas pourquoi nous devrions nous appeler ‘frères’ encore. Ce n’est pas comme si on se comportait encore comme tel. » Cette fois, la dernière personne encore présente avec eux dans la salle, finit par partir, la porte claquant derrière elle. Bien sûr, c’était la réplique de trop, celle qui faisait que plus personne ne voulait écouter leur échange – un échange de sourd.

Le jeune Scamender secoue une nouvelle fois la tête, dépité. « Tu te comportes comme un con, Lysander. Est-ce que tu parviens encore à te reconnaître ? Personne ici ne le peut. » Lorcan accompagne ses paroles d’un signe de tête en direction de la porte, pour montrer à son frère que tout le monde a déserté, qu’il ne reste plus qu’eux parce que tous les adhérents de son club ont préféré fuir que de les voir se prendre le bec. C’est la réaction de Lysander qui les a fait fuir, Lorcan n’est pas aveugle. Il sait très bien que cela leur convenait bien de se moquer de lui. Personne n’est sorti quand il parlait, les gens ne faisaient que rire, se moquer. Mais il n’en a que faire des moqueries, c’est avec son frère qu’il veut parler, pas avec ses idiots. « J’avais trop bu ! Tu sais bien que sinon je ne l’aurais jamais fait. Je ne l’ai jamais fait auparavant et tu le sais ! Et puis je n’aurais jamais voulu faire de mal à Billie. » s’exclame Lorcan, entre l’indignation et une voix triste. Il ne sait pas sur quel pied danser avec son frère, il ne sait plus. Lysander est devenu un véritable étranger pour lui. « Darcy ne fait que parler de toi, tout le temps. Je ne fais que la rassurer sur le fait que tu vas revenir. Mais tu ne sembles pas prêt à te rendre compte que tout est DE MA FAUTE ! Elle n’y peut rien, elle nous a confondu à cause de l’alcool et, au fond de toi, tu le sais. Et tu ne peux pas juste t’évertuer à lui faire du mal alors qu’elle pensait t’embrasser. Elle me déteste pour t’avoir perdu, mais elle a appris le pardon et tu devrais songer à la pardonner. » Lorcan sait bien qu’il ne devrait pas jouer les moralisateurs, car cela risque de ne pas plaire à Lysander, mais c’est plus fort que lui. Il n’en peut plus de le voir s’acharner ainsi sur la pauvre Darcy qui n’a pourtant rien demandé de tout ça. Cette pauvre Darcy qu’il aime de tout son cœur et qui lui a dit qu’il faisait ressortir le pire en elle. N’est-ce pas évident, à la fin, qu’elle ne souhaite que retrouver les bras de Lysander ? Le brun déglutit alors que ses prunelles observent la position de son frère. De nouveau, il s’est placé en position de duel, semblant prêt à attaquer. Ne pense-t-il donc plus que par la violence ? A travers sa baguette ? Sans qu’il ne s’en aperçoive, les phalanges de Lorcan se desserrent alors, laissant tomber sa baguette sur le podium servant de lieu de duel. Désarmé, il hurle à l’attention de Lysander : « Alors défoule-toi sur moi si tu le veux tant que ça, mais cesse de t’en prendre à elle pour ce que j’ai fait ! Arrête de la faire souffrir et fais moi payer tous les malheurs que je t’ai causé ! Arrête de la faire pleurer, je t’en prie. » Sa voix se termine en un murmure alors qu’une larme roule sur sa joue. Il sait très bien qu’être sans sa baguette ou l’avoir entre les doigts, ne changerait rien. Il ne sait pas se battre en duel et se ferait sûrement battre à pleine couture dans tous les cas. Et en ce moment même, il souhaite juste que son frère lui fasse mal, l’assène de sorts plus violents les uns que les autres, afin qu’il cesse de se défouler sur Darcy. Car la Ollivander ne mérite pas ça.

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    so many sleepless nights, where you were waiting up on me. well i'm just a slave unto the night. now remember when i told you that's the last you'll see of me, remember when i broke you down to tears. i know i took the path that you would never want for me, i gave you hell through all the years.
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MessageSujet: Re: setting fire to yesterday —scamander²   Sam 28 Mar - 7:22

Déserte, la salle était. Si à le voir cela ne semblait lui faire ni chaud ni froid, il était en réalité soulagé. Il avait beau avoir tenté d’être indifférent face à la foule, ça le rendait très mal à l’aise de parler de choses si intimes devant tant de gens. Il était pas mal introverti, pudique d’ordinaire… mais son côté colérique lui faisait faire parfois des choses dont il ne se serait jamais cru capable. Faire la gueule à son frère pendant des mois. L’accuser devant une centaine de gens. Transformer son club de duel en un règlement de compte. Il ne s’en rendait pas compte sur le coup, mais il aurait probablement des remords d’ici quelques heures. En attendant il serrait les dents, et regardait son frère d’un air féroce. Comme si rien ne pouvait plus l’irriter que sa présence.

«Tu te comportes comme un con, Lysander. Est-ce que tu parviens encore à te reconnaître ? Personne ici ne le peut. » « Contrairement à toi, moi je n’ai jamais caché qui j’étais vraiment. Quant à ce que je suis devenu, tu ne peux t’en plaindre qu’à toi-même. Rien ne sera plus jamais comme avant, il va falloir t’y faire » Répliqua-t-il du tac au tac, en fronçant les sourcils. Il n’y avait pas que du vrai dans ce qu’il disait. Lysander savait pertinemment qu’il exagérait, qu’il se laisser porter par des sentiments qui ne lui appartenaient pas. Il n’arrivait pas à s’en débarrasser. Il pourrait pardonner. Il pourrait essayer de tourner la page. Mais il n’avait même pas envie d’essayer. Il ne s’en sentait pas la force. Il n’était pas encore prêt à faire cet effort. Lorcan, lui, n’avait pas changé au final. Il avait juste fauté. « Fauté », le mot était bien faible pour qualifier l’ampleur de la trahison, de son point de vue. « J’avais trop bu ! Tu sais bien que sinon je ne l’aurais jamais fait. Je ne l’ai jamais fait auparavant et tu le sais ! Et puis je n’aurais jamais voulu faire de mal à Billie. » Le problème c’est qu’il ne le croyait pas. Ce genre de choses n’arrivait pas par hasard. Lysander savait de la bouche même de Lorcan qu’il avait eu des sentiments pour Darcy… et ça crevait encore les yeux que ce n’était pas fini. Rien qu’à voir son regard s’illuminer en sa présence. Comment il changeait subitement d’expression quand elle était dans les parages. Il avait pensé que c’était parce que c’était sa meilleure amie. Il comprenait maintenant que tout cela cachait quelque chose d’autre de beaucoup plus profond. Billie ? Qui c’était celle-là, pour Lorcan ? Une énième fille dans sa liste de conquêtes. Lysander savait que Lorcan n’avait pas pensé une seconde à Billie de toute la soirée. Qu’il ne vienne pas sortir cet argument bidon pour se défendre ! S’il s’était bien foutu de la gueule de quelqu’un ce soir, c’était de Billie. « Même saoul le frère que je connaissais aurait eu assez de bon sens pour ne pas tromper sa copine. C’est vraiment pathétique si l’alcool te fait disjoncter à ce point. Je ne te crois pas. Je crois que c’est ton excuse, parce que même toi tu ne sais pas justifier ton geste. Tout simplement parce que ça ne se justifie quoi. » C’est vrai, ça : quoi de mieux qu’une soirée bien arrosée pour sauter sur la fille qu’il convoitait depuis toutes ces années ? Quelle magnifique excuse, l’alcool. C’était la solution à bien des problèmes. «Darcy ne fait que parler de toi, tout le temps. Je ne fais que la rassurer sur le fait que tu vas revenir. Mais tu ne sembles pas prêt à te rendre compte que tout est DE MA FAUTE ! Elle n’y peut rien, elle nous a confondu à cause de l’alcool et, au fond de toi, tu le sais. Et tu ne peux pas juste t’évertuer à lui faire du mal alors qu’elle pensait t’embrasser. Elle me déteste pour t’avoir perdu, mais elle a appris le pardon et tu devrais songer à la pardonner. » Le visage de Lysander devint subitement beaucoup moins crispé. Il ne répondit rien à cela. Il n’aimait pas du tout quand il le prenait par les sentiments. Darcy était un sujet sensible. Il savait probablement, il savait sans doute que Lysander l’aimait toujours. Mais l’amour, la peur de blesser, ça ne suffisait pas. Lysander ne se voyait pas encore pardonner. Mais les mots de Lorcan le déstabilisaient. Et pas qu’un peu. Lysander essaya de caser entre deux phrases de Lorcan, sans grande conviction : « Elle n’a pas essayé de t’empêcher de l’embrasser, elle aussi. Crois-moi c’est pour ça qu’elle veut bien te pardonner. » Lysander le psychanalyste, le retour. «Alors défoule-toi sur moi si tu le veux tant que ça, mais cesse de t’en prendre à elle pour ce que j’ai fait ! Arrête de la faire souffrir et fais moi payer tous les malheurs que je t’ai causé ! Arrête de la faire pleurer, je t’en prie. » Lorcan hurlait, maintenant. Une larme coula sur sa joue. Le visage que Lysander se forçait à garder si froid et impénétrable sembla avoir trouvé une faille. Son bras tremblotait. Il n’arrivait plus à garder sa baguette aussi tendue qu’il ne l’aurait voulu. Pour ne pas se trahir il baissa le bras, croisa les bras et détourna le regard. Celle de Lorcan tomba. Il rougit, un peu. Il était gêné. Il se senti con ; il était con, après tout. Il se sentait impuissant. Il était tiraillé ; il avait du mal à trouver le juste milieu entre son cœur et sa raison, entre la vérité, la justice et l’amour. Après Darcy, c’était lui qu’il faisait pleurer, mais quel con, quel con… Lui, il pleurait, merde ! Lysander fixait le vide, incrédule. Pour toutes les fois où Lorcan avait versé une larme, Lysander avait éclaté dix fois en sanglots. Ça avait toujours été le plus balèze des deux. Le plus tenace, le plus courageux. Il en fallait beaucoup pour l’émouvoir. Et si Lorcan avait dû pleurer, ça n’avait jamais dû être la faute de Lysander. Sombre idiot, qu’as-tu fais ? Est-ce que tu te reconnais encore ? Ce ne fut pas une larme, mais deux qui coulèrent sur les joues de Lysander. Il plissa les yeux, tentant vainement de les ravaler. Trop tard. Il fallait s’y attendre : il avait toujours été plus sensible que son frère. Plus émotif. Plus faible.
« Je ne veux pas la faire pleurer, putain de merde ! Je veux juste que vous me laissez tranquille ! » Hurla-t-il en retour. Il chercha quelque chose à rajouter. En vain. Il ne savait plus quoi dire. Il avait l’impression que c’était une boucle infernale, quelque chose de sans fin. Ils n’allaient donc pas le lâcher ? Lysander avait beau jouer le dur, il se savait incapable de jeter le moindre sort « sérieux » sur son frère. Le plus faible. Il serra les poings. Il refusait de laisser trahir sur son visage, sur ses expressions tout ce qui le rongeait, le démangeait de l’intérieur. « Tout est de ta faute. Si… » Il abandonna sa phrase. Il faillit partir sur un monologue… mais il le savait déjà inutile. Et il sonnait faux, par-dessus tout. Si tu n’avais pas embrassé Darcy, on n’en serait pas là, Darcy ne pleurerait pas, et toi non plus, et moi non plus. Mais la vérité c’était que Lorcan en voulait à Darcy au moins autant qu’à Lorcan. Il ne savait pas qui avait initié le baiser, il savait qu’ils avaient tous les deux bu, mais ils avaient chacun répondu au baiser avec une passion qu’il n’avait jamais connu avec Darcy. Il ne s’était jamais senti aussi… à côté de la plaque. Darcy et Lorcan avaient été ses seules certitudes pendant toutes ces années et… En un instant il n’en n’avait plus eu aucune.

A la place, il rajouta, d’un moins agressif : « Est-ce que tu peux comprendre un peu ? Juste… te mettre à ma place. Je ne suis pas sûr que t’aurais été mieux, oui, à ma place... » Lysander ferma les yeux, expira lentement. Il se frotta rapidement les yeux avec son avant-bras. Il lâcha sa baguette, qui fit un bruit sonore en touchant le sol et rejoignit celle de Lorcan. Il n’avait plus envie de se battre. Fini. Il savait que Lorcan avait raison d’un côté. Il faisait souffrir Darcy. C’était involontaire, évidemment. Mais c’était le cas quand même. « Pourquoi tu es venu là ? Juste… explique-moi. Qu’est-ce que tu es venu faire ici si ce n’est me provoquer, jouer avec mes nerfs devant les autres ? Parce que si c’est la raison de ta venue, tu as gagné. » Lysander voulait désormais écourter la conversation. C’en était trop pour lui. Il fallait que Lorcan s’en aille. « Tu peux partir maintenant. »

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