AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 can't feel anything (hadès) - fini

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
MessageSujet: can't feel anything (hadès) - fini   Dim 8 Fév - 8:19

Les cris. La douleur. La peur. Des lumières blanches. Encore des cris. Le noir complet. Elle pleure. Elle hurle. Elle ne sait plus où elle est. Elle n’a pourtant rien demandé, elle se sent prise au piège, torturée, elle essaie d’attraper ce morceau lumineux qui se découpe au dessus d’elle. Mais elle retombe. Le sol lui entaille le genou, sa tête valse en arrière, elle voit des points noirs. Et rouge. Et la douleur revient. Encore plus forte. Encore plus vive. Elle voudrait se rouler en boule, tout oublier. Mais c’est impossible. Alors elle hurle. Mais sa voix se bloque dans sa gorge. Un coup de poing. Ou pire. Elle ne sait pas. Elle a mal. Et alors qu’elle est persuadée de voir sa dernière heure arriver, tout s’arrête.

Un souffle. Une respiration trop hachée, des gémissements. Chiara se réveille dans un sursaut de panique. Les cheveux emmêlés, les joues rouges et de la sueur glissant dans sa tignasse trop foncée. Elle halète. C’est à nouveau arrivé. La jeune fille de dix neuf ans a encore fait un cauchemar. Depuis souvent ces trois derniers mois. Le pire, c’est qu’elle est persuadée que tout ça, ce sont des souvenirs. Pourtant, elle ne se rappelle de rien. Nulle part, elle a beau creusé sa mémoire, elle ne se souvient avoir un jour éprouvé pareil douleur. Pourtant… non. Elle évite d’y penser. Elle s’est promis d’oublier tout ça. Doucement, elle se recouche dans son lit trop grand pour elle. Chiara a froid. Tellement froid. Ses yeux encore mouillés de larmes inconnues, elle s’enroule dans ses couvertures. Elle voudrait que tout ça soit fini, terminé, oublié. L’un de ses professeurs lui a parlé d’une sorte de sortilège qui pourrait lui rappeler sa mémoire défaillante. Mais elle ne veut pas. La jeune fille se persuade, que tout ça, c’est des cauchemars. Rien que des cauchemars qui finiront par s’en aller. Des cauchemars lui rappelant les quelques mois de terreurs absolues qu’elle supportait avant de s’enfuir. Mais c’est un chapitre terminé de sa vie. Elle ne doit plus y penser. Chiara est en sécurité ici. On le lui a promit. Elle ne fera plus jamais face à de telles… de telles quoi d’ailleurs ? Elle ne sait pas. Heureusement, elle pense s’être enfuie assez tôt.  Elle ferme les yeux très fort, priant pour se rendormir. Mais le sommeil ne vient pas. Elle sait qu’elle a beaucoup trop peur de se rendormir. De revivre ça. D’où ? Elle ne sait pas. La brune pousse finalement un profond soupire. Et sans réveiller sa colocataire, elle s’extirpe de son lit. Un coup d’œil à sa montre lui apprend que de toute façon, dans une demi-heure, son réveil aurait sonné. Elle file dans la douche. L’eau chaude dégoulinant sur son corps tremblant lui fait du bien. Tellement de bien. Elle s’interdit de penser. Finalement quelques dizaines de minutes plus tard, elle est fin prête, vêtu d’un jean trop serrant et d’un pull trop grand. Qui tombe trop bas. De toute façon, Chiara, elle ne veut pas plaire. Elle ne s’est jamais vraiment trouvé jolie. Des yeux trop grands. Des cheveux trop ternes. Des jambes trop longues et des formes trop plates. Elle est gauche. Et ses bras sont trop bleus. Elle a toujours été très maladroite. Avant, elle se réveillait chaque matin avec de nouveaux bleus. Certains dont elle ne se rappelait. A quoi bon ?  C’était surement lorsqu’elle faisait la cuisine, bousculant tout sur son passage, détruisant les quelques vêtements qu’elle avait un jour eu. Avalant un petit déjeuner à la vitesse de la lumière, elle alla s’asseoir près de son cours de potion, contre le mur, dans les cachots. Elle ouvrit son livre à la dernière page où ils en étaient arrivés. Dans quelques secondes, le professeur serait là. Une heure et demi plus tard, elle sortait de la classe, les joues encore plus rouges que ce matin. Décidemment, le mélange des ingrédients, ce n’était pas son fort. Elle finissait toujours par faire exploser son chaudron. Et elle se faisait écoper d’un énième devoir. Devoir pratiquer la potion en dehors des heures de cours. Rechignant tout bas, Chiara parcourut les lugubres couloirs des cachots. Alors qu’elle tourna un coin, elle aperçut du coin de l’œil quelques élèves adossés au mur. Ils semblaient plus âgés. Relevant la tête, elle croisa le regard d’un des jeunes hommes. Et son cerveau court-circuita. Elle en lâcha ses bouquins qui s’écrasèrent contre le sol dans un vacarme assourdissant, résonnant dans cet espace confiné. Son instinct lui disait de fuir. De rebrousser chemin, de partir en courant, de fuir cette école, cette académie qui pourtant lui avait promis sécurité. Tout ce qu’elle parvint à faire, c’est d’avoir un haut le cœur. Et de trébucher contre ses livres à terre, sans parvenir à détourner le regard de celui qui avait tant hanté ses pires cauchemars. Et à son plus grand détriment, ses plus hauts fantasmes.

_________________
SAY SOMETHING, I'M GIVING UP ON YOU. I'LL BE THE ONE, IF YOU WANT ME TO. ANYWHERE, I WOULD'VE FOLLOWED YOU. SAY SOMETHING, I'M GIVING UP ON YOU. AND I AM FEELING SO SMALL. IT WAS OVER MY HEAD I KNOW NOTHING AT ALL. AND I WILL STUMBLE AND FALL. I'M STILL LEARNING TO LOVE JUST STARTING TO CRAWL. AND I WILL SWALLOW MY PRIDE. YOU'RE THE ONE THAT I LOVE AND I'M SAYING GOODBYE.


Dernière édition par Chiara Harkness le Dim 15 Mar - 8:36, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: can't feel anything (hadès) - fini   Lun 9 Fév - 1:51


« t'es qu'une imposture »
Je sais bien que t'es à terre, que les questions te vrillent la tête et qu'la douleur t'empêche de parler, de dormir et même de penser, comme si un train de marchandises t'était rentré d'dans. Je sais bien qu'tu r'grettes pleins de choses, tous ces mots durs qu'on s'est échangés avec nos yeux qui lançaient des poignards et nos langues qui faisaient comme des marteaux. Je sais bien qu'tu voudrais m'avoir encore en face de toi, pour m'attraper, m'secouer, me demander pourquoi j'ai fait ça. La vérité c'est qu'je sais pas, j'réfléchis pas toujours tu m'connais. Je sais bien qu'tu comprends pas mais peu importe le résultat, ça change rien à l'amour, j't'assure. Et un jour elles se r'fermeront tes blessures.


Rouleau addictif qui l'emmène vers une douce descente aux Enfers, il allume son briquet en louchant sur sa cigarette. Drôle de paradoxe, qui l'aurait-cru ? Lui, le Lestrange par exemple. Le pro-pur pourtant loin d'être résigné à une simple idéologie, à une simple manière de penser, et qui voit bien au delà que l'avenir, qui voit dans l'éternité, dans l'infinité de la vie. Lui, l'horreur des horreurs, le monstre des monstres, dont la noirceur a endurci l'âme, dont la cruauté a gelé le cœur. Lui, Hadès Lestrange, roi des glaces, prince de feu, l'explosif, la bombe, le destructeur. Il allume tranquillement sa cigarette, regardant autour de lui avec ses airs de sultan, du haut de la tour d'astronomie. Une invention moldue qui l'a charmée, séduite, si bien qu'aujourd'hui, il ne peut plus s'en passer. Honteux secret qu'il garde bien pour lui. Et pourtant, s'il voue une haine acharnée, injustifiée, inouïe, à ces êtres dépourvus de pouvoirs magiques, il ne considère pas cela comme une trahison. Au contraire, il se surprend à aimer faire danser ces brins de tabac entre ses lèvres, les mordiller, les consumer avec cette folie meurtrière dans le regard. La folie des ambitieux, la folie des écorchés. Comme s'il torturait du bout de ses canines toute cette vermine. Tenir entre ses lèvres un élément de destruction le fait doucement sourire, et cette idée suave embaume l'atmosphère d'un diabolisme de bon gout. La fumée grisâtre s'infiltre dans l'air frais de janvier, et le vil sourire qui loge constamment sur son visage semble s'élargir, comme une illumination. Peut-être est-ce donc cette chose-là qu'il apprécie en fumant. Voir tout ce qui l'entoure prisonnier de ses méfaits. Contaminer les autres de terreur. Les dominer comme le fait ce fascinant nuage sombre qui s'échappe à travers le brouillard, à l'aube. Les yeux remplis d'espoir, il regarde au loin, perdu dans ses pensées. Rares sont les fois où Hadès laisse ainsi divaguer son esprit vers ses sujets tabous, vers son jardin secret, qu'il fuit désespéramment. Et si la solitude a de grands avantages, elle n'est pour lui que faiblesse et failles dans le système. Il est devenu une machine. Un automate de guerre, programmé pour détruire les opposants, dans le seul but de conquérir. S'éloigner de cet objectif pourrait lui être fatal, et chaque seconde d’inattention peut lui être fatal. Durant de nombreuses années, il s'est tâché de consolider son esprit pour en faire une véritable armure, incassable, impénétrable, absolument insensible à toute forme de sentiments bénéfiques. Hadès est mauvais, et cette idée sonne à ses oreilles comme une douce mélodie. Il aime entendre parler de lui, et même si on l'apparente au diable en personne, les symphonies de l'Enfer sont comme des berceuses pour lui. Hadès est mauvais, et pire encore, il est imprévisible, et terriblement intelligent. Ce qui fait de lui ce mélange dangereux. Le laisser faire serait une abomination. Tenter de l'arrêter, un véritable désastre. Essayer de le raisonner, une perte de temps. Hadès est né pour détruire toute once d'humanité qui l'entoure, et même chez lui, il se plaît à croire qu'il ne reste plus rien de bon, pas même au plus profond de son cœur. Mais tout le monde a ses faiblesses. Même le grand Hadès Lestrange. Si seulement il savait que la sienne, dont il pensait s'être définitivement débarrassée, n'était en fait jamais bien loin.
Il rejoint ses amis de cette démarche assurée qui le caractérise tant. Hadès n'est pas de ces hommes qui refusent toute sorte d'attachement, même amical ou stratégique, de peur de souffrir par la suite. Un rire cruel et sec s'échappe de ses lèvres à cette pensée. Ils se croient mauvais et puissants, sous leurs mots durs et leurs mensonges trop construits, sous leurs insultes et bien évidement, derrière leurs chers parents. Naturellement. Ils sont tous pareils. Tout aussi pitoyables. Hadès sait tirer profit de ses amitiés, et si certains pourraient penser qu'en bon profiteur et opportuniste, il ne ressent pas la moindre affection envers les personnes qui l'entourent et dont il se sent proche, sans réellement le montrer, ce n'est absolument pas le cas. Hadès, malgré l'image qu'il dégage, malgré sa cruauté, malgré ses défauts, malgré ses erreurs, est un homme de parole, et c'est peut-être bien la seule qualité qu'on peut lui trouver. Etrange confusion qu'on peut lire sur le visage de ceux qui, un beau jour, ont compris qu'Hadès était à ranger de son côté. A considérer comme un ami. Car Hadès protège ses alliés. Mais malheureusement, rares sont-ils. Cela lui importe peu. Avec ou sans compagnons, il vaincra. Tant qu'il garde sa sœur, et Tessa.
Et puis, soudain, il croise un regard, ça le fige sur place. Un regard qu'il pensait éteint, perdu à tout jamais. Un regard qui, bien malgré lui, lui manquait depuis cinq mois. Cette faiblesse, elle est là, à quelques mètres de lui, frêle et fragile. Une vive douleur accroche son cœur, un creux se forme au fond de son ventre. C'est impossible. Chiara ne peut pas être là. Paralysé, c'est bien la première fois depuis longtemps qu'Hadès semble retrouver un semblant d'humanité. Un semblant de souffrance, de terreur. Désir destructeur, il est tiraillé entre l'envie de s'évader, comme un lâche, et celui de la serrer dans ses bras, comme un idiot. Merde. Il ne doit pas perdre de vue ses objectifs. Et pourtant, son regard ne peut se détacher de cette adorable insolente, son sourire sadique s'étire au fur et à mesure que de violentes idées traversent son esprit. C'est fini. Il ne contrôle plus rien. C'est toujours ainsi lorsqu'elle n'est pas très loin. Et il la déteste pour ça. Elle se casse la gueule, il rie, un peu, comme tout le monde l'aurait fait. Machinalement, il s'approche, lui tend son bras pour l'aider à se relever, sachant pertinemment bien qu'il est la raison de tout ce chamboulement dans l'esprit de la jeune fille, qui l'a même amenée à perdre l'équilibre. Il arrive à garder son sang-froid pour l'instant, un sourire amusé logé aux commissures de ses lèvres. Sadique, ou masochiste ? « Tiens, qui voilà. » Il la regarde avec mépris, trahissant ses gestes doux et presque attentionnés. Balivernes. Il veut simplement paraître un peu civilisé devant une si jolie demoiselle, dont il prendra beaucoup de plaisir à la voir souffrir. De sa propre main, cette fois-ci. Il la regarde avec un sourire mesquin. « On a beaucoup de choses à se raconter, tu ne crois pas ? » Il attrape son poignet, un peu trop fort, un rictus sur le visage de Chiara le fait grincer de joie. Cruel, vous avez dit ? Hadès est le diable, ne l'oublions pas. Et puis, il l'emmène dans un recoin plongé dans la pénombre, la jette presque contre le mur. Elle est terrorisée, il le sent. Tant mieux. Son air est grave, désormais. Il n'est plus là pour jouer les petits sauveurs mensongers. Elle va payer. On essaye pas de se dérober des Lestrange sans en assumer les conséquences. « Où étais-tu pendant tout ce temps ? » Il s'approche, trop rapidement, et seuls quelques centimètres séparent leurs deux visages. Les battements de son coeur rythment sa colère. « Et n'essaye pas de me mentir. » Il le sentirai. Ce n'était pas comme s'il la connaissait par cœur, à la manière d'une sœur, après tout.

_________________

LE DEBUT D'UN ABUS
hurler ma peur de l'abandon, ma recherche frénétique d'attention, mon besoin de reconnaissance en permanence, comme un chien des caresses, mes tentatives de m'faire passer pour un mec que j'suis pas et que je serai probablement jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: can't feel anything (hadès) - fini   Jeu 12 Fév - 10:55

Elle sait très bien qu’elle devrait fuir. Courir. Quitte même à faire s’effondrer l’académie entre eux. Tout. Tout. Elle pourrait faire n’importe quoi pour échapper à ce regard trop sombre, ce regard trop froid. Ce regard qui encore aujourd’hui lui amène cauchemars incessants. Ou rêves les plus fous. Ses poings se referment. Détourne les yeux. Détourne les. Sauf que la jeune Chiara, elle n’y arrive pas. Elle se déteste, cette faiblesse, cette incapacité de penser par elle-même lorsqu’il est dans les parages. Cinq mois. Elle avait tenu cinq mois. Certes, sa fuite loin de cette famille l’avait beaucoup aidé. Et jamais, au grand jamais, elle n’aurait imaginé le retrouver ici. Inconsciemment, elle ramena sa main sur son bras gauche. Près de l’épaule. Là où se situait un bleu qu’elle ne s’expliquait pas. Une tâche pas plus grande qu’une pièce d’or, de gallions comme ils disent. Une brûlure ? Un coup ? Elle ne saurait le dire. Tout ce qu’elle sait, la petite, c’est que c’est mal. C’est mauvais. Alors elle recule encore un peu, mais ne parvint pas à regarder autre part que ces deux pupilles noires. Le monde s’est figé. Son corps tremble de peur. Pourtant, elle est fascinée. Fascinée par cet être abjecte. C’est alors que la dure réalité la touche. Si le bel Hadès est ici, une autre Lestrange ne devrait pas être loin. A cette idée, Chiara sent son visage perdre tout le peu de couleurs qu’elle avait réussi à prendre entre deux cours. Mais au fond, peut-être qu’elle a, inconsciemment, cherché à oublier de se renseigner. Après réflexion, savoir qui suivait un cursus dans cette académie reconnue de par le monde, ne devait pas spécialement être dur. Aurait-elle réellement abandonné l’idée de venir ici, sachant qu’Il se trouvait aussi dans cette partie du monde ? Elle n’en savait strictement rien, et ça lui foutait encore plus les boules. Chiara avala une bouffée d’air, parvenant difficilement à se distraire de ce visage. Mais un détournement d’attention et elle sent son poignet prise dans une poigne de fer. Elle sursaute. Elle secoue la tête. Finalement, elle ne veut plus. Plus être aussi près. Faiblement, elle essaie de retirer son bras. Mais tout le monde connaît la force légendaire de la petite brunette. Elle secoue la tête plus énergiquement encore. Non. Non, ils n’ont rien à se raconter. « Laisse moi » parvint-elle à sortir péniblement. Du coin de l’œil, elle voit les quelques autres étudiants présents se faire la malle. Bordel. Elle aimerait tant avoir un bouton stop sur lequel la jeune femme pourrait appuyer. Faire une pause, là tout de suite, elle en aurait bien besoin. Pour reprendre son souffle. Et son dos cogne contre un mur rêche, et froid. Elle ferme les yeux. Très fort. Un rêve. Un cauchemar. Elle doit se défendre. Après dix huit ans, elle ne peut plus se laisser faire. Elle n’est pas une elfe. C’est une jeune femme. Ici, à Spinks, elle est libre de faire ses propres choix. Et elle n’a plus besoin de dire oui dès qu’un Lestrange lui ordonne de faire quelque chose. Chiara est déterminée. Même si elle a quelques doutes quant à ressortir vivante de cette.. entrevue, elle finit tout de même par rouvrir les yeux. Plongeant son regard brun dans celui de cet homme aussi froid que la pluie. Il est tout près d’elle. Trop près. Elle n’a jamais pu le regarder d’aussi près. L’observer. Elle pourrait tendre la main et effleurer les courbes de son visage. Le trait dur de sa mâchoire. Ou passer ses doigts dans ses cheveux. Elle pourrait faire tellement. « Loin. J’étais loin, aussi loin que possible, qui ne te – vous – regarde pas ! » Elle retient d’ajouter qu’elle était loin de lui, de lui et son regard. De lui et ses bras puissants. Loin de tous ses désirs interdits, de ses envies impossibles, de ses hontes inavouées. Prenant tout son courage à deux mains, elle lui cogne le tibia. La pointe de son pied frappant la jambe de celui se trouvant face à elle. Petit bout de femme, elle parvint à se faufiler sous son bras. « Je suis rien pour toi, je n’ai aucun compte à te rendre. Je ne te dois rien, fous moi la paix ! » Son cerveau lui dit de partir sans se retourner. Son corps lui dit d’avancer, de se presser contre lui. Elle, elle reste là, debout, les joues rouges, les dents grinçantes.

_________________
SAY SOMETHING, I'M GIVING UP ON YOU. I'LL BE THE ONE, IF YOU WANT ME TO. ANYWHERE, I WOULD'VE FOLLOWED YOU. SAY SOMETHING, I'M GIVING UP ON YOU. AND I AM FEELING SO SMALL. IT WAS OVER MY HEAD I KNOW NOTHING AT ALL. AND I WILL STUMBLE AND FALL. I'M STILL LEARNING TO LOVE JUST STARTING TO CRAWL. AND I WILL SWALLOW MY PRIDE. YOU'RE THE ONE THAT I LOVE AND I'M SAYING GOODBYE.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: can't feel anything (hadès) - fini   Jeu 12 Fév - 11:55


« t'es qu'une imposture »
Je sais bien que t'es à terre, que les questions te vrillent la tête et qu'la douleur t'empêche de parler, de dormir et même de penser, comme si un train de marchandises t'était rentré d'dans. Je sais bien qu'tu r'grettes pleins de choses, tous ces mots durs qu'on s'est échangés avec nos yeux qui lançaient des poignards et nos langues qui faisaient comme des marteaux. Je sais bien qu'tu voudrais m'avoir encore en face de toi, pour m'attraper, m'secouer, me demander pourquoi j'ai fait ça. La vérité c'est qu'je sais pas, j'réfléchis pas toujours tu m'connais. Je sais bien qu'tu comprends pas mais peu importe le résultat, ça change rien à l'amour, j't'assure. Et un jour elles se r'fermeront tes blessures.


Depuis combien de temps n'a-t-il pas eu le plaisir de pouvoir épouser ses formes du regard, de pouvoir transpercer ses pupilles, de pouvoir la dévorer en la couvant de cette haine passionnelle qu'il entretient à son égard ? Drôles de sentiments qui se bousculent dans sa poitrine lorsqu'il se rend compte qu'elle est là et bel et bien là, qu'elle n'est ni morte ni enfuie à tout jamais, et qu'à nouveau, elle est sous son emprise. Ce mélange paradoxal d'excitation et de colère absolue, mêlé à une pointe de curiosité, et un peu de soulagement, aussi. Il s'en veut. Il s'en veut parce qu'elle représente une faiblesse si honteuse. Vulgaire née-moldu, il aimerait pouvoir sortir sa baguette et lui infliger les pires châtiments malheureusement interdits par les lois magiques. Mais, en plus de ces textes qui règlementent sa conduite, c'est comme si, pour la première fois, il n'arrivait pas à trouver la force de faire du mal à quelqu'un. Comme si sa cruauté avait des limites. Comme si son humanité le rattrapait, bien malgré lui. Et dans un effort surhumain, il continue de la toiser, alimentant son regard hautain de sa haine et de sa rancœur, rythmant son désir d'en savoir plus sur les battements de son cœur. Il meurt d'envie de savoir pourquoi elle est encore vivante, à cette heure-ci, et pourquoi il a cette envie meurtrière qui lui traverse l'esprit. Pourquoi elle lui inspire tant de dégout, et tant de fascination. Pourquoi elle est si belle, merde, pourquoi elle est la seule créature sur cette terre pour qui il semble avoir un peu d'intérêt autre que stratégique. Il se mordille la lèvre inférieur alors qu'il ne peut se résigner à lâcher l'emprise qu'il exerce sur son poignet. Comme pour se rassurer qu'elle ne s'échappera pas une nouvelle fois. Comme pour la garder près de lui et de sa dangereuse présence, comme pour lui imposer l'Enfer, et ainsi lui administrer la punition qu'elle mérite. T'es qu'une imposture, Hadès. Il veut sa destruction autant que sa vie éternelle. Il la veut à ses côtés pour l'éternité, et ça relève d'un miracle inexplicable auquel Hadès n'ose même pas penser. Morte ou vivante, il la veut pour lui, et uniquement pour lui.
Il la sent hésitante, tremblante, peureuse, et l'idée de représenter une crainte, autant au moins que le jour où il l'a quittée, le comble de joie, et le fait doucement sourire. Ce vil sourire qui fend ses lèvres quotidiennement, témoignage de son sadisme caractériel et de sa cruauté débordante. C'est un monstre et il aimerait que Chiara en devienne un aussi. Peut-être que c'est pour ça qu'il la désire autant qu'il la déteste ; insoumise, elle refuse de se laisser faire, et pire encore, elle ose se dresser contre lui, malgré toute la terreur qu'il sème dans l'âme de la brunette. Chiara est intéressante, au contraire de toutes ces autres qu'il pourrait avoir en un claquement de doigt. Chiara est déterminée et obstinée, Chiara est incompréhensive et impulsive. Et c'est ce qu'il aime tant chez elle, c'est ce qui les rapproche, bien malgré eux. Ils sont trop près, et les quelques centimètres qui séparent leurs lèvres effraient Hadès. Il meurt d'envie de rompre cette pourtant courte mais fatale distance qui les sépare, et de venir déposer un passionnel baiser sur ses lèvres. Et il s'en veut de raisonner ainsi, de laisser les faiblesses du désir et de la passion l'envahir. Il tente d’apaiser ses pulsions, en vain, Hadès ne contrôle plus rien, comme dans ces moments de trop fortes émotions qui le poussent à bien des folies sentimentales. Hadès n'a jamais été bien doué avec ce qu'il ressent. Et ça l'énerve d'autant plus, de ne pas maîtriser son esprit, de ne pas réussir à garder son sang-froid, précisément dans les moments où il en a le plus besoin. Ça le tue autant que le regard de Chiara l'hypnotise.
Soudain, un violent coup dans le tibia lui arrache une grimace. Il s'écarte un peu, juste assez pour que la jeune Harkness puisse se faufiler entre son torse et son bras, et s'échapper de la ferme emprise du garçon. Je ne suis rien pour toi. Les mots raisonnent dans sa tête comme en écho, il a presque envie de se boucher les oreilles. Une folie s'infiltre dans ses pupilles, dans sa tête et dans tout son corps. Elle est allée beaucoup trop loin. Simple née-moldu, qui est-elle pour se dresser contre le grand Lestrange par excellence ? Qui est-elle pour défier une telle puissance, qui pourrait l'anéantir d'un coup de baguette magique, s'il le voulait ? S'il le voulait. Et s'il le voulait, justement ? Aveuglée par sa colère, il plaque Chiara contre le mur, bien conscient de l'effet qu'il peut produire chez la jeune fille. Hasardeuse, une de ses mains se perd entre son dos et ses hanches, tandis que l'autre maintient une ferme emprise sur ses épaules. A nouveau, ils sont proches. Très proches. Terriblement trop proches. « Ne t'avise plus jamais d'essayer de me frapper ou de m'échapper, sale sang-de-bourbe. » Son ton est arrogant, autoritaire, et ses mots aussi violents que des coups. Elle a déclenché l'ouragan Lestrange, il faut désormais en payer les conséquences. Ne changeant pas sa position, il monopolise la parole, ne lui laisse pas une seconde de répit, parle tout près de son oreille comme pour graver les mots dans sa mémoire, à tout jamais. Comme pour marquer son territoire, sa propriété privée. « Tu vas me dire où tu es allée pendant ces cinq mois d'absence. Qui t'a réfugié, qui t'a aidé ? » Pour sûr, il en ferait son affaire, une fois le mystère élucidé. Encore faudrait-il que la malheureuse daigne répondre honnêtement à ses questions. Il ne va pas la lâcher, et elle le sait. Enfermée dans un mutisme déroutant, Chiara ne répond pas, le fixe de ses pupilles attirantes. Merlin qu'il la haie. « Réponds, putain ! » Il s'emporte un peu trop, et la pression qu'il exerce dans le bas du dos de la jeune fille se fait de plus en plus insistante. Il la regarde droit dans les yeux, il peut sentir sa respiration saccadée sur sa joue. Terreur et dégout. C'est tout ce qu'il lui inspire. Et d'un certain côté, ça le désole. « Crois-moi, tu ne t'en sortiras pas comme ça. »

_________________

LE DEBUT D'UN ABUS
hurler ma peur de l'abandon, ma recherche frénétique d'attention, mon besoin de reconnaissance en permanence, comme un chien des caresses, mes tentatives de m'faire passer pour un mec que j'suis pas et que je serai probablement jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: can't feel anything (hadès) - fini   Dim 15 Fév - 4:25

Elle déteste cette sensation d’être faible. Cette faiblesse. Au final, cette chose a toujours caractérisé Chiara. Chiara, elle est faible. Elle l’a toujours été. Et aujourd’hui, elle ne sait plus comment faire pour remédier à ça. Elle est nulle. Elle est pitoyable. La jeune Harkness à beau essayer de se persuader du contraire, c’est faux. Il lui a fallu trois ans avant de réussir à s’enfuir du manoir des Lestrange. Trois ans de peur. De cauchemar sordide. Alors là, face au monstre de tous ses cauchemars, de tous ses rêves – éveillés ou pas. Elle tremble. Elle a peur. Pourtant, elle voudrait tellement pouvoir tendre la main. Effleurer sa mâchoire carrée. Ses traits durs. Trop durs. La jeune femme aurait pu s’enfuir, retourner dans les étages supérieurs, chercher de l’aide. Pourtant, elle est restée là. Ses jambes incapables d’avancer. Ou de reculer. Ses grands yeux écarquillés le fixe. Lui. Et seulement lui. Et avant même d’avoir pu prendre une seconde respiration, elle se retrouve une fois de plus plaquer contre un mur trop froid. Elle devrait être humiliée. Offusquée. Mais au fond, elle aime ça la vicieuse. Elle aime se sentir dominer, voir son regard rivé à elle, être sous son emprise. Mais Chiara, elle ne veut pas se l’avouer. Parce que se l’avouer, se serait baissé les armes. Les bras. S’avouer vaincue. Mais elle veut encore y croire. La jeune brune aimerait fermer les yeux. Se focaliser sur la sensation de la main d’Hadès dans son dos. Elle se demande ce que ça pourrait être sans son chemisier. Elle secoue la tête. Elle doit rester lucide. Même si c’est peine perdue lorsqu’ils respirent le même air. Cet air tendu, chaud, électrisant autour d’eux. Elle tique. Sang de bourbe. « Si je suis si sale que ça, lâche moi » chuchote-elle. Mais Chiara ne veut pas qu’il retire ses mains. Malgré ça, elle a besoin de le challenger. Lui montrer qu’elle n’est plus la pauvre fillette d’il y a cinq mois, peut-être ? Elle pourrait se foutre des baffes. Il est trop près. Elle sent son souffle dans son oreille, dans son cou. Ses lèvres s’ouvrent malgré elle. Son cœur rate un battement. Il va la tuer. Et inconsciemment, elle se rapproche. La jeune fille sert ses poings. Très fort. Elle doit résister. Résister à l’envie de mettre ses mains à elle sur lui. Lui, il a le droit de la toucher. Et elle, elle veut éviter le refus. C’est une sang de bourbe après tout. Sang impur. Son cerveau tourne à vive allure. Où a-t-elle été ces derniers mois ? Nul part. Partout. Elle ose les épaules, douloureuses de la pression qu’y exerce Hadès. Cette fois, c’est lui qui appuie sa main sur son dos. D’un côté, elle voudrait le repousser, ou se fondre dans le mur, le plus loin possible de lui. D’un autre, elle voudrait que son corps entier soit possédé. Et elle veut le provoquer. Après tout, il n’oserait pas la tuer ici, dans l’enceinte même de Spinks, non ? Des professeurs parcourent les couloirs à tout bout de champ. Dans quelques temps, elle sera sauvée. « J’étais… » Elle réfléchit. Elle veut choisir les mots. Non sans se douter qu’au final, il n’en aura rien à faire de ce qu’elle lui raconte. Il veut juste exercer son contrôle. Comme il l’a toujours fait. « On m’a aidé. Il m’a aidé. Avec lui, j’avais plus rien à craindre, pas comme ici » Elle raconte n’importe quoi, elle entend sa voix partir dans les aigus et retomber dans les graves. On a connu mieux en matière d’expression. Elle se racle la gorge. Pourquoi fait-elle ça ? Elle n’en sait rien. Peut-être voudrait-elle qu’il soit jaloux. Comme elle l’était à chaque fois qu’une fille le regardait entre deux battements de paupières. De leurs sourires enjôleurs. Elle l’a toujours voulu. Elle n’a qu’à tourner sa tête de quelques millimètres. Et leurs lèvres s’effleureraient. Mais au contraire, elle détourne le visage et le repousse. De sa faible force, elle met ses mains sur son torse. Grand dieu, elle en manque de défaillir, et elle pousse. Et comme elle s’y attendait, il ne bouge pas d’un millimètre, le con. « Mais qu’est-ce que t’attends de moi ?! T’as plus de sale sang de bourbe qui pourrit ton air, plus qu’une empotée qui ne nettoie pas assez vite tes robes de sorcier, qui renverse les casseroles ! Laisse moi tranquille ! » Elle n'a jamais autant parlé. Les yeux de la jeune Harkness se mouillent. Elle se sent emprisonnée. Détestée. Elle le dégoute. Qu’il la lâche. « Je ne dirai rien sur ce que j’ai entendu cette nuit, je te le promets, s’il te plait, laisse moi partir » finit-elle par chuchoter tout bas. Son cœur bat trop vite, sa respiration est trop rapide. Son odeur à lui est partout. Chiara referme ses mains, et de ses petits points, lui cogne le torse. Loin d’être douloureux, elle veut qu’il se lasse. Qu’il se rappelle qu’elle n’est rien d’autre qu’une gamine, qu’il l’oublie. Et pourtant, elle aimerait tout le contraire. Qu’il la regarde comme il regarde la magie noire s’échapper d’une baguette. Qu’il la caresse de ses yeux sombres. Elle se sent dépouillée. Vide. Remplie. Elle finit par laisser ses mains retomber le long de son corps et fixe son regard sur le visage d’Hadès. Sur ses lèvres trop attirantes. Remonte sur ses joues creuses et finit dans ses yeux. Les lèvres de Chiara sont sèches. Inconsciemment, elle mordille sa lèvre inférieure. Plus rien d’autre n’existe. Malheureusement.

_________________
SAY SOMETHING, I'M GIVING UP ON YOU. I'LL BE THE ONE, IF YOU WANT ME TO. ANYWHERE, I WOULD'VE FOLLOWED YOU. SAY SOMETHING, I'M GIVING UP ON YOU. AND I AM FEELING SO SMALL. IT WAS OVER MY HEAD I KNOW NOTHING AT ALL. AND I WILL STUMBLE AND FALL. I'M STILL LEARNING TO LOVE JUST STARTING TO CRAWL. AND I WILL SWALLOW MY PRIDE. YOU'RE THE ONE THAT I LOVE AND I'M SAYING GOODBYE.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: can't feel anything (hadès) - fini   Dim 15 Fév - 10:13


« t'es qu'une imposture »
Je sais bien que t'es à terre, que les questions te vrillent la tête et qu'la douleur t'empêche de parler, de dormir et même de penser, comme si un train de marchandises t'était rentré d'dans. Je sais bien qu'tu r'grettes pleins de choses, tous ces mots durs qu'on s'est échangés avec nos yeux qui lançaient des poignards et nos langues qui faisaient comme des marteaux. Je sais bien qu'tu voudrais m'avoir encore en face de toi, pour m'attraper, m'secouer, me demander pourquoi j'ai fait ça. La vérité c'est qu'je sais pas, j'réfléchis pas toujours tu m'connais. Je sais bien qu'tu comprends pas mais peu importe le résultat, ça change rien à l'amour, j't'assure. Et un jour elles se r'fermeront tes blessures.


Il ne contrôle plus rien. Sa respiration s'accélère malgré tous les efforts qu'il fait pour la calmer. Sa main se perd près des cheveux sombres de la jeune fille, tandis que l'autre fourmille le long de sa colonne vertébrale. Il aimerait pouvoir dicter leur conduite, à elles aussi. Stopper leur folle course vers ce fantasme, ce désir incontrôlable, cette envie destructrice. Il aimerait pouvoir réussir à se détacher de l'emprise de son regard, réussir à s'évader de cette bulle de fascination dont il semble s'être fait prisonnier, réussir à s'échapper de ce drôle de sentiment dont il est victime. A croire que le sort s'amuse avec lui, grand empereur du Mal, as de la Magie Noire, le destructeur, l'ultime espoir des Ténèbres. Comme si son existence avait un sens. Comme s'il défendait ses convictions jusque dans de pareils moments. Et il se rend compte qu'il n'est pas infaillible. Qu'il manque à son devoir, à sa tâche, à cette mission qu'il s'est lui-même administré. Celle de se montrer fort et détestable en toutes circonstances. Car même s'il a cette folie meurtrière dans le regard, ce n'est que le reflet d'un désir passionnel de protection. Chiara le déroute. Il se perd dans ce qu'il est et ce qu'il laisse paraitre. Cette image de lui, ce mensonge dont il a lui-même fini par croire. Cette horreur qu'il est devenu. Ce monstre qu'il a forgé, de sa propre pensée. Il se dégoute d'être comme ça avec Chiara. Et cette si forte envie de l'attraper, de la retourner, de la serrer dans ses bras, de l'embrasser comme personne ne l'avait jamais embrassé. Ce terrible besoin de la savoir en sécurité, de savoir qu'elle va bien, qu'elle est bien, et qu'il n'est pas là pour l'étouffer, pour restreindre sa liberté, pour lui évoquer peur, mépris, et dégout. Car il ne veut que son bonheur, et d'un certain côté, il ne veut pas y participer, car il a conscience que sa présence ne serait qu'un obstacle. Et c'est peut-être pour cela qu'il n'accepte pas de la laisser partir. Pour cela qu'il l'aime autant qu'il la déteste. Car elle ne peut être heureuse qu'au plus loin de lui.
Il ne sait même pas ce qu'il attend pour la faire payer, pour la faire souffrir, pour la torturer parce qu'elle s'est enfuie pendant cinq mois. Parce qu'elle n'a pas donné de nouvelles et qu'elle l'a laissé dans l'inquiétude, dans la peur, dans l'angoisse, pendant cinq beaucoup trop longs mois. Et même s'il se laisse penser que cette absence ne l'a nullement atteint, c'est comme si on lui avait arraché une partie de son âme, ou bien un de ses sens. Elle est ancrée en lui, qu'il le veuille ou non. Et ça l'énerve au plus haut point, de ne plus être totalement maître de sa personne, comme si elle était la marionnettiste, et lui le vulgaire pantin. Faut qu'il se débarrasse d'elle. Elle le repousse et étrangement, il se laisse faire, un peu, parce qu'il est conscient qu'il faut prendre de la distance, cette fois. S'il ne veut pas craquer, et faire la plus grosse erreur de sa vie. S'il ne veut pas embrasser cette sang-de-bourbe. Ce serait tomber bien trop bas pour ce Lestrange au cœur de pierre, au cœur de glace. Et pourtant, alors qu'elle tambourine son torse de ses petits poings insignifiants, c'est cet organe vital qui semble s'agiter un peu trop fort, un peu trop vite, dans sa poitrine. Il a presque envie de sourire, à la voir impuissante face à sa prestance. D'un certain côté, il ose espérer qu'elle envie cette force qu'il fait tout pour témoigner, cette puissance dont il semble être le seul à être attiré, il a encore l'espoir de représenter quelque chose de haut placé, de glorieux, de courageux, car ce sont peut-êtres les seules qualités qu'on peut lui admettre, à cette accumulation de méfaits, cette pourriture sans nom, cette ordure. Cette imposture. Il n'sait même pas pourquoi il est encore là à faire une guerre contre lui même alors qu'il prône la paix avec Chiara, rien que le temps d'un instant. Un court instant qu'il espère arriver rapidement, un jour. Même s'il sait qu'une fois cette entrevue terminée, cette drôle d'idée quittera immédiatement son cerveau, laissant place à la honte que cette même pensée ait un jour traversé son esprit. Oui, une fois sortie de cette entrevue, une fois loin d'elle, de sa beauté, de ses yeux, de son odeur, et de toute la merveille qu'elle dégage et qu'elle est, une fois très loin, il s'en voudra de s'être comporté de sa sorte. De s'être montré si faible, si colérique. Si... humain.
Un soupçon de jalousie pince son cœur alors qu'elle évoque ce il qui l'a tant aidée. Ce il qui semble si parfait, mais par dessus tout, ce il qui est sûrement son total opposé, et désormais, son principal rival. Qui est-il ? Hadès se jure de le découvrir, un jour ou l'autre, et même s'il doit utiliser des pratiques radicales pour faire flancher Chiara. Et qu'elle lui avoue qui est cet imposteur qui ose vouloir voler le cœur de sa belle. De sa douce. De la seule qu'il ait jamais désiré, même si c'est un secret. A cet instant, il veut tuer ce il qui lui dérobe la vedette aux yeux de Chiara. Même s'il n'a jamais vraiment brillé. « C'est qui ce type qui t'a aidée ? » Demande-t-il d'un ton agressif, alors qu'il s'éloigne à nouveau de quelques centimètres. Une simple trêve, pour mieux la manipuler et obtenir ce qu'il veut, en la laissant respirer quelques instants. Car il ne compte pas la lâcher pour l'instant. S'il reste de marbre, les paroles de Chiara le touchent, et c'est comme si pour la première fois, il n'arrivait pas à trouver les mots justes. Mais qu'importe qu'il puisse dire, il sera toujours vainqueur. Parce qu'il est de sang-pur, et que ça coule dans ses veines. Alors, il relève la tête, la gratifie d'un regard haineux, même si son âme est tourmentée par de tous nouveaux démons. D'autres en plus. Comme s'ils n'étaient déjà pas assez nombreux à l'emmener vers cette douce agonie aux Enfers. « De toute façon, je sais que tu ne diras jamais rien. Tu sais que je peux te tuer si tu ouvres un peu trop ta bouche, si tu parles un peu trop. » Le mot a du mal à passer, et pourtant, il arrive bel et bien à le prononcer. Tuer. Ses yeux lancent des poignards, et pourtant, jamais il ne pourrait y songer. Mais il vaut mieux pour elle qu'elle pense qu'il en est réellement capable. Il vaut mieux pour tout le monde. Il plante son regard dans le sien, et voit qu'elle est sur le point d'exploser en larmes. Ça lui brise le cœur. Mais à nouveau, il préfère ignorer sa conscience, et laisse sa raison parler. « Arrête donc de pleurnicher. » Commence-t-il en se rapprochant d'elle, cette lueur dangereuse dansant dans ses iris. Il a ce sourire moqueur, énigmatique, sur ses lèvres. Il va piquer là où ça fait mal, et ça le fait rire d'avance. « Oh non, rassure toi, je n'attends absolument rien de toi. A vrai dire, je n'ai jamais eu besoin de toi. Tu n'étais qu'un confort en plus, après tout, les Lestrange peuvent tout se permettre, tu as bien dû le comprendre après toutes ces années à nos côtés. Non, véritablement, je me porterai aussi bien, et peut-être mieux, si ton existence était réduite à néant, ou même si elle n'avait jamais vu le jour. Je me fou bien de ce que tu as enduré pendant tout ce temps, ou même des tâches que tu as fait pour nous. C'était pas ton utilité première. » Il sait qu'elle voit exactement de quoi il veut parler. Le cobaye humain. C'est pour ça qu'ils l'ont adoptée, cette honteuse sang-impur. « Tu ne m'as jamais été d'aucune utilité. » Il a envie de se frapper. Pourquoi ressent-il l'horrible besoin de lui faire du mal, constamment, de s'intégrer dans son âme et d'y semer la terreur ? Il hausse les épaules, caresse la joue de la jeune fille avec un air diabolique. « Tu l'aurais été, si tu étais restée quelques mois de plus. » Il rie. Cruellement. Oh, comme il aurait adoré faire danser entre ses mains ces sorts de noirceur pure, et les appliquer sur le joli minois de Chiara. Comme il aurait adoré.

_________________

LE DEBUT D'UN ABUS
hurler ma peur de l'abandon, ma recherche frénétique d'attention, mon besoin de reconnaissance en permanence, comme un chien des caresses, mes tentatives de m'faire passer pour un mec que j'suis pas et que je serai probablement jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: can't feel anything (hadès) - fini   Jeu 19 Fév - 9:46

Elle ne veut pas répondre. Elle ne peut pas. Parce qu’elle sait que si elle ouvre sa bouche, qu’elle essaie de se justifier, de trouver un nom plausible, elle ne parviendra qu’à s’enfoncer. Chiara n’a jamais réussi à mentir. N’a jamais réussi à inventer un mensonge sur le fil. Et là, tout de suite, elle l’est. Sur le fil. Tellement. Et elle ne sait plus comment se sortir de se merdier. Elle pourrait se foutre des claques. Elle aurait du partir depuis longtemps, avant de trébucher contre ses foutus livres. Ou mieux encore, être accompagné d’un étudiant de son année alors qu’elle sortait du cours de potion. La jeune femme ferme ses yeux le cours d’un simple instant. Se surprenant à n’être au final que dans un rêve. Qu’une fois son regard revenu au temps présent, elle serait en fait dans son lit, les rideaux tirés et les couvertures montées. Malheureusement, quand elle ouvre à nouveau les yeux, son regard tombe sur le visage froid, fermé d’Hadès. Alors la brune se tait. Elle nie la question. Son cœur se sert, ses jambes tremblent lorsqu’il lui parle de meurtre. Un meurtre. Un putain de meurtre. Elle le connaît. Pourtant, elle ne peut empêcher sa gorge de s’assécher encore plus. « T’oserais pas » murmure-t-elle. Se raccrochant au faible espoir qu’il ne lui a jamais fait de mal. N’est-ce pas ? A vrai dire, elle n’en sait trop rien. Certains souvenirs sont trop flous. Chiara ravale ses larmes. Elle ne veut pas se montrer faible face à lui. Pas maintenant. Pas comme ça. Pas alors qu’elle est à sa merci. Le salaud. Elle reçoit ses paroles comme des coups de poings toujours plus agressifs, toujours plus forts. Elle tremble. A l’intérieur. Dehors. Elle tombe bien bas. Si un jour elle aurait pensé revoir cet homme, cet individu qui la retourne tellement, elle n’aurait jamais imaginé être autant secoué. Cinq mois de séparation, cinq mois de silence, la jeune femme s’était prise au rêve, au jeu, à l’espoir qu’il n’était au final pas si terrible. Qu’il était humain. Humain. Ce qualificatif est aujourd’hui tellement dérisoire, que si elle n’était pas si secouée, Chiara en rirait. Hadès et humain ne vont pas dans la même phrase. Mais elle en a marre de se sentir faible. Terrorisée. Détruite. Il ne mérite pas ça. Qu’elle lui donne ce pouvoir. Alors même si son corps lui crie de se laisser aller, de fermer les yeux, d’accepter sans broncher cette virulence dont il fait preuve, son cerveau, sa fierté lui dit tout le contraire. Après tout, elle n’a rien à perdre, pas vrai ? Tout ce qu’elle espère, c’est que le boucan attirera professeurs, élèves ou mêmes créatures étranges pour la sortir de cette merde dans laquelle elle s’est fourrée. D’une force qui la surprend elle même, Chiara repousse Hadès, s’échappe de son étreinte, arrache ses mains posées sur elle. « Arrête ! Tais toi ! T’as pas le droit » Pas le droit de lui dire ça, pas le droit de l’anéantir un peu plus à chaque fois. Rapidement, elle sort le long morceau de bois dont elle arrive encore très peu à se servir. Elle n’y connaît rien Chiara. Même les sorts les plus basiques, elle ne les maîtrise pas comme elle le devrait. Pourtant, en cet instant, plus rien d’autres ne compte que la haine qu’elle éprouve face au Lestrange. Face à cette famille. Face à lui. Surtout à lui. Et elle hurle. « T’es qu’une… une… t’es un monstre ! Tu te complets dans ton petit monde, dans ton envie de surpasser tout le monde, au détriment de tous ! T’es une ordure, t’es le pire. Je te déteste. Je te déteste tellement ! T’aurais jamais du naître, et plutôt mourir que de rester avec toi ici, alors vas-y ! Vas-y, tue moi ! » Sa baguette pointée sur Hadès, elle crie encore. « Expulso ! » Malheureusement, à sort complexe, échec assuré. Et au lieu de voir Hadès être repoussé, une partie du plafond s’écroule entre eux, poussière, débris, on n’y voit rien. Chiara est projetée en arrière et retombe lourdement sur son dos. Sa baguette roule à plusieurs mètres derrière elle et son coude émet un craquement sinistre. Son corps entier est endolori. Après ce vacarme insupportable, un silence lourd et épais plane dans les cachots. Sa respiration est saccadée, hachée. Elle est étourdie et se demande vaguement si Hadès n’a rien eu.

_________________
SAY SOMETHING, I'M GIVING UP ON YOU. I'LL BE THE ONE, IF YOU WANT ME TO. ANYWHERE, I WOULD'VE FOLLOWED YOU. SAY SOMETHING, I'M GIVING UP ON YOU. AND I AM FEELING SO SMALL. IT WAS OVER MY HEAD I KNOW NOTHING AT ALL. AND I WILL STUMBLE AND FALL. I'M STILL LEARNING TO LOVE JUST STARTING TO CRAWL. AND I WILL SWALLOW MY PRIDE. YOU'RE THE ONE THAT I LOVE AND I'M SAYING GOODBYE.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: can't feel anything (hadès) - fini   Ven 20 Fév - 11:10


« t'es qu'une imposture »
Je sais bien que t'es à terre, que les questions te vrillent la tête et qu'la douleur t'empêche de parler, de dormir et même de penser, comme si un train de marchandises t'était rentré d'dans. Je sais bien qu'tu r'grettes pleins de choses, tous ces mots durs qu'on s'est échangés avec nos yeux qui lançaient des poignards et nos langues qui faisaient comme des marteaux. Je sais bien qu'tu voudrais m'avoir encore en face de toi, pour m'attraper, m'secouer, me demander pourquoi j'ai fait ça. La vérité c'est qu'je sais pas, j'réfléchis pas toujours tu m'connais. Je sais bien qu'tu comprends pas mais peu importe le résultat, ça change rien à l'amour, j't'assure. Et un jour elles se r'fermeront tes blessures.


Pourquoi ça l'énerve de savoir qu'elle a été aidé par un autre garçon ? Et si ça avait été une fille, aurait-il ressenti ce pincement au cœur en l’entendant prononcer ces quelques petits mots ? En présumant que Chiara n'est attirée que par les garçons et uniquement par les garçons, naturellement. Pourquoi ça l'irrite autant de savoir qu'on l'a hébergée, qu'il l'a hébergée ? Il se surprend à haïr cet homme qui lui a volé sa place, qui lui a volé Chiara, d'une certaine manière. A-t-elle dormi avec lui, ou pire, couché avec lui ? Est-elle tombée amoureuse de cet idiot qui a osé l'accueillir, sachant qu'elle appartient à sa digne famille ? Ou bien peut-être lui a-t-elle menti sur sa famille adoptive ? Sûrement n'aurait-il pas déclarer la guerre aussi ouvertement, dans ce cas. Il est fébrile. Mentalement. Il est perdu, complètement désarmé. Mais il tente de garder le contrôle de lui-même. Le contrôle de ses émotions, de ses paroles, de ses gestes. De ses menaces. Et pourtant, il sent que quelque chose à changer chez Chiara. Il sent qu'elle n'est plus la même, qu'elle est plus forte, plus téméraire, plus affirmée. Et étrangement, il aime ça. Il se plaît à la regarder s'énerver, pensant que bientôt, oh très bientôt, cette petite tornade, ce futur ouragan, serait sienne. Il se plaît à voir son visage se crisper sous l'effet de la colère, à cause de cette peur de l'être infâme qu'il est et qui lui ronge l'estomac. Il se plaît à l'énerver davantage encore parce qu'il veut devenir tout ce qu'elle déteste le plus au monde. Il veut être celui qui hante ses cauchemars et qu'elle maudit, alors que les démons de l'insomnie la tiraillent. Il veut être présent dans sa chaire, dans ses veines, constamment. Il veut qu'elle se rappelle qu'il est cette imposture dont il a mis des années à forger, et que toujours, ô toujours, elle ne serait que la victime d'une affreuse monstruosité. Il veut lui montrer que malgré cette flamme d'espoir et d'amour qui sommeille en lui, son instinct presque bestial couvert d'une noirceur indélébile prendra toujours le déçu. Et ça n'a absolument aucun sens. Peut-être pour s'assurer que d'une certaine manière, il est présent dans sa vie. Sachant qu'il ne pourra jamais devenir le meilleur, alors, comme à son habitude, il tente d'être le pire. En faisant le pire. La menacer de mort. Aurait-il pu dire quelque chose de plus idiot encore ? Il se serait bien lancé un Doloris pour se punir de sa maladresse. Mais pourtant, il ne regrette pas. Au fond de lui, il sait qu'il a fait le bon choix en crachant cette remarque sanglante. Pour mieux la protéger de lui-même. Mieux vaut qu'elle le déteste plutôt qu'elle l'aime. Le destructeur pourrait mener à sa perte, et les anges n'ont rien à faire aux côtés d'une pareille atrocité. Encore moins les anges moldus. « Je prendrai plaisir à te voir souffrir Chiara. » Murmure-t-il à son oreille, et le souffle se perd dans la pénombre. Elle fait du bruit, elle se débat. Elle tape contre les murs, elle tape contre son torse, sûrement aussi fort que son cœur qui tambourine contre sa poitrine. C'est le moment de s'éloigner s'il ne veut pas merder, encore une fois. Et, d'une force qui étonne Hadès lui-même, elle se dégage de son emprise, pendant ce court instant d'inattention. Elle le pousse d'un mètre, peut-être deux, et une lueur de folie meurtrière traverse son regard. Un large sourire se dessine sur les lèvres de Hadès, ça le fait doucement rire. Drôle d'influence qu'il exerce sur elle. Devrait-elle aussi folle qu'il l'est lui-même ? Hadès a du mal à cerner les émotions de la jolie brune. Comprend-elle que chacune de ses paroles n'est que mensonge ? Comprend-elle qu'il ne cherche qu'à la protéger, même s'il ne veut pas l'assumer ? Est-elle assez observatrice pour voir cette fascination dans ses yeux ? Encore faut-il réussir à traverser ce voile de cruauté, d'égoïsme et de sadisme. Encore faut-il réussir à passer au dessus de tout ce qu'il est, de tout ce qu'il prétend être. Certains cherchent sa rédemption, son ultime pardon, mais ils ne semblent pas comprendre ses réelles intentions. Hadès est voué aux Ténèbres, aux Enfers, comme son nom l'indique. Hadès n'est rien d'autre que le dieu de la Mort, semant la guerre et la discorde autour de lui. Et c'est ce qu'il a envie de devenir. Celui que tout le monde détestera, que tout le monde craindra. Il veut faire régner sa suprématie en jouant sur la terreur des gens. Leur prendre ce qu'ils ont de plus cher s'ils ne lui obéissent pas. Imposer sa magie, son pouvoir, par la force. C'est tout ce dont il rêve. Et elle n'est qu'une misérable barrière en carton. « Pas le droit ? Pas le droit ? J'ai tous les droits ici, et tu n'as pas en position de me dire ce dont j'ai le droit ou non ! » Il s'énerve. Tout, autour de lui, l'énerve. A commencer par Chiara et sa voix qu'il commence à un peu trop entendre. Pourquoi ne se résigne-t-elle pas face à sa présence bien supérieure à la sienne ? Pourquoi ne se soumet-elle pas au bon vouloir d'un sang-pur, cette sang-de-bourbe ? Il la regarde avec mépris. Et elle sort sa baguette. Un éclat de rire le prend aux tripes, alors qu'une longue tirade de la belle s'ensuit. Lorsqu'il lui dit de la détruire sur le champ, ses yeux se teintes d'un rouge colérique, et il dégaine sa baguette, prêt à lancer un sort pour la punir de son insolence. Il déteste qu'on se dresse contre lui. Elle est faible. Elle ne devrait pas se comprendre de la sorte. Aucune stratégie. Soudain, elle lance un sort qui fait sourire le garçon. Expulso. Même un crache-limaces raté aurait été plus utile que son misérable sort qui, au lieu de toucher Hadès, ricoche contre le plafond, et provoque un éboulement. Elle crie, et ça brise le cœur du Lestrange qui, les mains au dessus de sa tête, s'agenouille au sol, entouré d'un brouillard poussiéreux qui lui trouble la vue. « Mais qu'est-ce que t'as foutu putain ! Tu mériterais des Doloris pour être si mauvaise avec une baguette ! » Il crie sans vraiment s'en apercevoir, tant la colère s'est emparée de sa personne. Et il sait qu'il va faire une connerie. A tâtons, il cherche son visage, son corps, sa main. Il tombe accidentellement sur sa cuisse, ne l'effleure qu'une demi-seconde et laisse tomber ses doigts un peu plus loin, sur le sol recouvert de pierres cassées. Elle parait blessée. Tant mieux, tant pi. Il n'en a rien à foutre désormais. Alors, il se redresse, presque tenté de la laisser pourrir ici, l'épaule formant un drôle d'angle, jusqu'à ce que quelqu'un la trouve. Et puis il croise son regard une dernière fois. Son cœur rate un battement, à nouveau. Lequel des deux déteste-t-il le plus ? Dans un élan de rage compatissante, il la soulève d'une facilité déconcertante, et ce contact va presque jusqu'à le gêner. Lui, Hadès Lestrange. Le roi insensible. Oh ferme ta gueule, pense-t-il sans réellement comprendre ce qu'il est en train de faire. Doucement, il l'aide à s'assoir sur le rebord d'une colonne et sort sa baguette, impuissant face à cette étrange compassion dont il fait preuve. Ça ne lui ressemble pas, et ça lui fait peur. « Episkey. » Souffle-t-il et l'épaule de Chiara semble se remettre dans une position un peu plus normale. « Ferula. » Alors, un bandage apparait et s'enroule automatiquement autour de l'os blessé de la jeune fille. Il est tenté de sourire, mais écœuré par tant de gentillesse, il est sur le point de vomir. Il n'sait pas pourquoi il a fait ça, et ça le dégoute. Il s'éloigne abasourdi, presque plus que Chiara. Et, reprenant soudain ses esprits, il la gratifie d'un regard plus noir encore que le dernier qu'il lui a adressé. L'heure des menaces est de retour. « Je t'assure que si tu racontes ce qui vient de se passer à quelqu'un... » Les gens sauront qu'il n'est pas si égoïste. Qu'il y a une faille dans son système et que c'est elle. Et alors, ils s'en prendront tous à Chiara. Tous autant qu'ils sont. Ils auront la preuve qu'il reste une part d'humanité chez cette machine de guerre.

_________________

LE DEBUT D'UN ABUS
hurler ma peur de l'abandon, ma recherche frénétique d'attention, mon besoin de reconnaissance en permanence, comme un chien des caresses, mes tentatives de m'faire passer pour un mec que j'suis pas et que je serai probablement jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: can't feel anything (hadès) - fini   Sam 14 Mar - 9:21

Elle se sent idiote la petite brune. Elle se sent idiote de rêver. D’espérer. De penser à l’impossible. D’essayer ce qu’elle n’est pourtant jamais arrivée à faire ; manier une baguette magique. Simple morceau de bois qu’elle n’a pourtant que depuis moins de six mois. Alors elle a envie de rire. De rire jaune. Ou vert. Parce qu’elle a mal la petite. Elle a mal au cœur. Elle a mal à la tête. Au bras. Au pied. Ses mains froides tremblent trop fort. Ses oreilles bourdonnent et c’est à peine si elle se souvient des paroles d’Hadès avant d’avoir brandit sa main tendue. C’était question de droit. D’avoir. D’envie. Couchée sur le dos, Chiara veut se relever sur ses coudes. La poussière la fait tousser. Si elle ne part pas vite, ils vont arriver. Professeurs, élèves. Elle se sent idiote. Une chance que les plafonds de l’académie soient épais. Très épais. Les yeux fermés, elle essaie de calmer sa respiration. Mais elle oublie d’expirer lorsqu’elle sent sa main. Sa main calleuse sur son jean déchiré. Il est là. Un court instant, elle aurait juré qu’il se serait barré. La laissant dans sa propre connerie. Elle veut lui cracher à la figure. Comme il y a cinq minutes. Mais les mots se bloquent dans sa gorge. Elle ne peut qu’observer son visage. Encore. Elle n’est plus cette petite chose fragile. Elle le pense. Elle le sait. Mais Hadès reste Hadès. Alors elle fronce les sourcils, grince des dents. Etouffe un gémissement quand elle pose son coude à terre. Elle sent son corps s’élever, des bras puissants la retenir contre un corps trop chaud. Elle soulève ses paupières, ne se rappelant plus les avoir fermés. Son visage est à quelques millimètres du cou d’Hadès. Sa veine qui pulse. Elle pourrait s’approche de quelques souffles et effleurer sa peau de ses lèvres. Mais elle s’abstient. Elle ne tient pas à mourir finalement. Et si elle ose le toucher, c’est ce qui arriverait. Inévitablement. Comment pourrait-il supporter qu’une sang-de-bourbe la touche ? Elle a envie de rire. Ou de pleurer, c’est au choix. Elle se dégoute. Elle est faible. Et lui, il est le mal incarné. Pourtant, il est contradiction. La respiration hachée, Chiara se demande comment diable elle va pouvoir expliquer son épaule à l’infirmerie. Lorsqu’il pointe sa baguette sur elle. « Que… » Et une sensation de glaçons glacés coule le long de sa colonne vertébrale. Les yeux grands ouverts, Chiara observe le morceau de bande blanche s’enrouler autour de son membre. Ramenant son regard dans celui du jeune homme, elle est tentée de le remercier. Voir Hadès aider une autre personne que lui, c’est étrange. Perturbant. Mais déjà, il repart dans son sombre côté de Mister Hyde. Et la jeune fille finit par détourner le regard, se perdant dans la contemplation des débris à terre. Elle doit s’éloigner. Il est toxique. Et elle se déteste quand elle est près de lui. Lestrange. Ce nom attaché à tellement de cauchemars. « Ne t’inquiète pas, je n’ai aucune envie de penser plus à toi que ça » Repoussant d’une main le jeune homme, Chiara retombe sur ses pieds. Et elle s’éloigne. Se promettant que la prochaine fois, elle tournera sept fois sa langue dans sa bouche. Elle aurait pu trouver n’importe quoi. Mais elle a du dire penser à toi. « Et je ferai en sorte de plus croiser ton chemin, que t’ais plus à… à faire ce que tu fais le mieux ». Et sans plus un regard en arrière, Chiara court vers les escaliers les plus proches, ayant un besoin irrépressible d’air. De respirer. Parce que là bas, près de lui, dans ces cachots, elle perd son souffle.

_________________
SAY SOMETHING, I'M GIVING UP ON YOU. I'LL BE THE ONE, IF YOU WANT ME TO. ANYWHERE, I WOULD'VE FOLLOWED YOU. SAY SOMETHING, I'M GIVING UP ON YOU. AND I AM FEELING SO SMALL. IT WAS OVER MY HEAD I KNOW NOTHING AT ALL. AND I WILL STUMBLE AND FALL. I'M STILL LEARNING TO LOVE JUST STARTING TO CRAWL. AND I WILL SWALLOW MY PRIDE. YOU'RE THE ONE THAT I LOVE AND I'M SAYING GOODBYE.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: can't feel anything (hadès) - fini   

Revenir en haut Aller en bas
 

can't feel anything (hadès) - fini

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Validée]Godwrath D. Alexander [Fini]
» Petite tornade [fini]
» [fini]Baptème d'Azurely
» Sarkozy ap fè rondomon lè Obama fini pale
» Ohoh, voici Liana ! [Fini.]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 ::  :: les sous sols :: les cachots-